Avril 2020

01/04/2020

Bilal
Bilal
math-rock/progressif – 29’56 – France ‘20
Bien qu’il soit français (de Lyon pour être précis), ce groupe n’a aucun rapport avec le dessinateur Enki Bilal, né en Yougoslavie mais naturalisé français par la suite, («La foire aux immortels», «La femme piège»,...). Au départ, en 2014, c’est à l’occasion d’une rencontre fortuite que le duo Uril Kadafi (A Far-Off Reason, Triceratops) et Raphaël Léger s’est formé. Ils sont très vite rejoints par Yann Martell (Garmonbozia, A Shrimp Case) et Louis Weill (A Shrimp Case). Ce court album est composé de six titres, principalement instrumentaux: du math-rock (des riffs asymétriques et élégants), teinté de post-rock et même d’un zeste de prog estampillé seventies. C’est avec des accords délicats à la guitare que BILAL nous introduit dans son univers sur la première plage, «I. (Fièvre)». Ceux d’entre vous qui apprécient le post-rock ne seront nullement dépaysés. Sur «II. (Zeste)», un chant psalmodié fait son apparition après une minute trente. Quelques déflagrations guitaristiques permettent de souligner ce titre, dans l’ensemble suivant la continuité de la première plage. L’ambiance globale se poursuit sur «III. (520 Térahertz)» qui s’inscrit dans la même lignée sur une durée légèrement supérieure. Les riffs finaux me font curieusement penser à Who! On trouve même des accents plus aériens sur «IV. (Pépite)». Des touches jazzy se font montre dans «V. (Soufre)» pour une ambiance plutôt lounge sur son introduction. C’est avec un rythme sautillant que débute la dernière plage «VI. (22h22)», la plus longue. La partie centrale se fait carrément planante pour un rendu qui ne devrait pas déplaire aux amateurs que vous êtes. N’ayez donc crainte de sortir de votre zone de confort en écoutant et soutenant Bilal: ils le méritent grandement!
Tibère
3/5

https://arakirecords.bandcamp.com/album/bilal

https://www.youtube.com/watch?v=FAL7XYhgP80&fbclid=IwAR1NOqDnuOPFXe80t63Fnu4zAn0-TNdQXYWK82HQmL7A3XYzvYpwHBLn_kY

02/04/2020

Lazuli
Le Fantastique Envol de Dieter Böhm
rock progressif – 43’03 – France ‘20
Et si je faisais comme si je ne connaissais pas Lazuli! Difficile tant ce groupe, certainement le plus original et abouti dans sa démarche artistique de la scène progressive française, draine un nombreux public tout acquis à sa cause depuis «Mater les couleurs» en 1999. Déjà 20 ans que cette formation hors norme écume les salles de concerts en présentant son rock progressif différent et si proche à la fois de la fameuse école française. D’abord par des paroles chantées dans leur langue natale, ensuite par de véritables chansons qui n’ont rien à envier à de célèbres chanteurs à textes, mais aussi un look peu couru dans le genre. Harmonisant une musique riche et confortable à l’oreille et une voix caractéristique sachant monter dans une sorte d’aiguë indéfinissable, en tout cas n’ayant guère d’équivalence (Dominique Léonetti). Ce serait faire peu de cas du phénomène Lazuli, dorénavant reconnu à l’étranger, si je ne parlais pas de la léode, cet instrument lui aussi à nul autre pareil, le seul à être joué par un seul groupe car fabriqué par Claude Léonetti, le frère du chanteur Dominique. Vous connaissez tous cette histoire de l’accident qui l’a obligé à créer son propre instrument et l’origine de son nom, contraction de Léo et Claude! Il en parle d’ailleurs avec beaucoup d’humour sur le site du groupe. Ce dramatique accident de moto donne ainsi naissance à une très belle histoire mais aussi à un nouveau son jamais entendu, la grosse particularité de Lazuli!
«Le fantastique envol de Dieter Böhm» s’affiche donc comme le huitième album studio des Gardois. Encore une fois, très attendu, il ne déçoit pas. Des thèmes légers et scandés avec une volupté qui n’appartient qu’à eux, je pense à «Dieter Böhm» (la piste éponyme) en particulier. Une douceur («Baume») pianistique (Romain Thorel) et même si Lazuli affiche «Un visage lunaire», c’est toujours avec cette facilité apparente que le groupe sait composer des morceaux attachants, hyper mélodiques (je pense parfois aux… Beatles, si, si!) sans oublier des fins de morceaux en apothéose, marqués par d’enflammées progressions qui mettent le feu à l’âme et au cœur («Dans les mains de Dieter»). Il faut mettre aussi en exergue le travail de percussions de Vincent Barnavol qui excelle à marteler les rythmes sans appuyer le propos, une légèreté bien distincte des accords de léode qui donne tout le sel à la musique des cinq compères («Les chansons sont des bouteilles à la mer»). Encore une rondelle qui s’envole au firmament de l’excellence. On est très fier et heureux d’avoir un groupe pareil en France, certainement, comme je le signalais déjà, le plus original de tous, sans faire injure aux autres! Il est indéniable que cette façon de faire un rock aérien et puissant sans faire appel à la panoplie des tics habituels du prog’ à la française, sert le propos séduisant de Lazuli. Il serait indécent de ne pas citer les nappes discrètes de synthés et la guitare (la normale!) de Gédéric Byar qui sait s’envoler avec ferveur («Les Chansons...», ou «Sol», mieux encore «L’envol»!). L’album peut sembler court (moins de 3/4 d’heure) mais il est abouti et aucun mal à le réécouter juste à la suite, tellement de pistes sont accrocheuses; l’oreille en redemande pour s’assurer du nouveau miracle mélodique offert avec une sincérité et une ferveur poignante. Lazuli sait écrire de vraies chansons prog’, ça on le savait déjà, mais le faire encore avec autant de talent au bout du huitième opus, avouons que ça ne court pas les rues… L’envol est vraiment fantastique, merci Lazuli!
Commode
5/5
Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=FHeNz7A4e2I&fbclid=IwAR2Vdnkr_9ID0rhouEv-y0ooWx3JvUgjjZKewuCh79aRYmiH9yw2CMPoQBw

03/04/2020

The Odd Gallant
Dogs - Music for the Novel / Official One
rock progressif – 31’48/27’57 – France ’19
Ce Bordelais n’a pas fini de nous séduire. Guillaume Cazenave (j’en connaissais - et appréciais - «AM», disque paru en 2016), artiste à la palette large (musicien, il compose, écrit, produit; graphiste, il conçoit, réalise; auteur, il écrit - le roman «Dogs» dont ce mini-album est la bande-son), propose en trois morceaux épiques (on pense parfois à Carl Orff - ou à Enigma, c’est selon) une courte épopée, grandiose sans grandiloquence, épique sans mièvrerie, osée sans outrance, surprenant numéro d’un équilibriste qui surplombe de sa superbe - à l’innocence modeste et au travail assidu autant que débonnaire de celui qui croit en ses aptitudes, assez pour tenter sans cesse de les améliorer - nombre d’œuvres emballées à la va-vite. Il n’est pas indispensable d’avoir lu «Dogs» pour manger des oreilles «Music for the Novel» - mais ça ne fait pas de mal non plus. Quelques mois plus tôt, Cazenave mettait en sinusoïdes sur son ordi les quatre compositions de «Official One», bien construites et un brin plus sages dans leur ambition. Décidé à obtenir le «meilleur signal possible en fonction de l’enregistrement et du mixage», il s’élève contre la «guerre du volume», qui consiste à compresser, tout et un max, afin d’obtenir un volume fort, uniformisé - avec la perte de nuances, la distorsion, l’artificialité de la dynamique et les potentiels dégâts sur l’audition qui en découlent. Un artiste attachant.
Auguste
4/5

https://theoddgallant.bandcamp.com/album/dogs-music-for-the-novel

https://theoddgallant.bandcamp.com/album/official-one

https://www.youtube.com/watch?v=8rvh8o1Uk-s&fbclid=IwAR2eyk22BPmuUbylBnyMlcgy6PDV572dAYVS7MKj95cZQ0pDDaEUgXXjP_8

04/04/2020

Vedar
Inonatus
rock progressif – 55’28 – UK ’19
Vous aimez Camel, Genesis et King Crimson? Pour les deux premières références, c’est plutôt du côté de leur album précédent, «Freudian Saturday», qu’il faudra vous diriger. Ce deuxième opus est clairement inspiré de l’univers du grand roi incarnat. Certains titres sont éloquents: «For Fripp’s sake», «21st Century Lullaby». Dès les premières mesures de «White Rabbit in New York», vous entrez dans son royaume. Le jeu de flûte traversière a des intonations caméliennes et le mariage des deux styles est du plus bel effet. Nos deux musiciens sont tout aussi influencés par d’autres phares du progressif, de façon hybride cela dit. Ils surprennent par le côté jazzy en milieu de parcours de «No Messing» où plane une coloration «Sweet Smoke» («Just a Poke») et là encore surgit un curieux accouplement avec les réminiscences génésiennes d’un «Trick of the Tail». Stupéfiant! Les instants mellotron de «M104» replongent l’auditeur dans une trame mélodique crimsonienne, celle de «In the Wake of Poseidon», merveilleusement amenée. Attendez, ce n’est pas fini: ne serait-ce pas une sonorité guitare «Iluvatar (Children)» dans «Ying Yang Ying», tout au moins en intro car le jeu frippien revient en sus, voguant sur des nappes de claviers ensorcelantes? «Nameless Fear» évoque sans nul doute l’univers étrange de «The Lamb lies Down on Broadway»… quelques courts instants avant de revenir sur la voie KC, fil rouge (!) de l’album. Bon, je n’arrêterais pas de donner des références aussi variées que fugitives. «Heavy Goods», encore, surprend par son côté eighties, rythme et chant (le seul sur l’album) genre «Tubeway Army/Gary Numan». N’allez pas croire que tout cela donne un minestrone tant étrange qu’indigeste. Plus on l’écoute et plus on en apprécie les saveurs. Allez, j’en reprends une louche.
Clavius Reticulus
3,5/5
Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=rZC9BpoDWEw&fbclid=IwAR3m5vrqxItWxGIihMk6r_AprQ0AEWRls_1RqTVlP0gfvja0VX2J1b7DyXw

05/04/2020

A New Religion
Cuts to the bone
rock indé/shoegaze/prog – 39’43 – Suède 19
Une production parue en 2019 de ce groupe suédois qu’il présente comme «un album concept innovant».
Un disque qui déroule son histoire, avec un prologue, le cœur et un épilogue.
Cela commence avec le bruit d’une voiture qui s’élance, un briquet, un autoradio-cassette (à l’ancienne), la même ligne musicale qui se retrouve au début et à la fin de cet album, le premier morceau qui s’intitule «Way out» et le dernier «Way in». Comme une histoire (celle d’un homme qui se retourne sur sa vie) qui se déroule autour des deux parties de l’album divisé par le morceau «Intermission» dans lequel on entend la cassette qui se retourne pour glisser à la seconde partie.
Bref la boucle se boucle.
Le concept est certes intéressant, mais est-ce vraiment innovant?
La première partie est plus animée alors que la seconde est présentée plus «introspective». Dans le huitième morceau («333») il est question de «at the end of the world…and you hate what you’ve become» et tout au long, une voix légère, posée, tout en douceur (un peu style «Tame Impala» dans certaines intonations sur un registre différent et de-ci de-là des chœurs qui pourraient ressembler à Queen.
Des morceaux en moyenne très courts (environ 3 minutes) présentant de jolies mélodies autour du piano, de la guitare et qui se retiennent facilement.
Mais malheureusement la longueur des morceaux qui, si elle donne du rythme au déroulé de l’histoire, n’est pas suffisante pour s’en imprégner très longtemps. Cela nécessite plusieurs écoutes pour apprécier (ou pas).
En conclusion: est-il suffisant de se poser des questions existentielles et de parler de concept innovant pour réussir le projet?
À moitié… c’est joli, plutôt bien fait mais somme toute de facture très classique.
Mes morceaux préférés: «Way out» et «Habits die».
Isidøre
2,5/5

Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=S-by5S66hXc&fbclid=IwAR1mifv6pkk8wgYxFHeIWQHskd86duuO2RI3YyVSs-xKCmgr19ctj4dStk0

06/04/2020

Sezione Frenante
Nuove dimensioni
rock progressif – 50’19 – Italie ‘19
Formé en 1974 dans la Cité des Doges, le groupe de rock progressif Sezione Frenante (d’abord Nuove Dimensioni à ses débuts) a écumé les scènes italiennes pendant quatre ans avant de jeter l’éponge. Vingt-huit ans plus tard, quatre des membres fondateurs du groupe (le guitariste Doriano Mestriner, le claviériste/chanteur Mirco De Marchi, le batteur Alessandro Casagrande et le parolier Federico Berto) décident de reprendre du service. La formation est complétée par le bassiste Sandro Bellemo et le chanteur Francesco Nardo. Ensemble ils retravaillent leur matériel des années 70, principalement une suite basée sur la Divine Comédie de Dante. Ils accouchent en 2011 de «Demuno», un EP auto-produit. Ils décrochent enfin un contrat avec Ma.Ra.Cash Records et publient en 2014 un premier CD intitulé «Metafora di un Viaggio». Il faudra attendre cinq ans pour les voir récidiver avec un deuxième effort: «Nuove Dimensioni» (hé oui, le nom originel de la formation). Francesco Nardo ayant quitté la formation peu après la sortie du premier CD, on a fait appel à Luciano Degli Alimari, chanteur originel du groupe, pour le remplacer. Un autre nouveau, Antonio Zullo, succède à Mestriner à la guitare. Cette nouvelle œuvre confirme ce que nous suggérait la précédente; Sezione Frenante est un énième groupe italien des ‘70s fortement influencé par le prog britannique première génération. Dès la première pièce, «Kosmos», on pense à Genesis (époque Gabriel); début atmosphérique tout en douceur, arpèges omniprésents à la guitare, entrée progressive des instruments, lignes mélodiques entrecroisées, finale grandiose. Il faudra attendre la pièce suivante, «L’era di Planck», pour découvrir la voix de Degli Alimari, une voix grave et expressive au service des textes, tous en italien. Dans l’ensemble, on appréciera les arrangements simples mais inspirés, forts en mélodies accrocheuses, ainsi qu’une palette dynamique très variée, sans être excessive. La présence du flûtiste Mauro Martello offre d’agréables moments (notamment dans «Fuso delle necessita’» et «Principe del vuoto»). Au niveau des textes, on suit la démarche d’un personnage qui étudie l’origine de l’univers, de l’origine des trous noirs à la naissance d’une étoile. Sans faire aucunement ombrage aux autres morceaux, «E’ nate une stella» sort du lot. Déjà son intro aurait pu être, dans un univers parallèle, l’ouverture de «In The Court Of The Crimson King». Ça se poursuit avec une ligne de basse envoûtante, une couche de mellotron dégoulinante, un riff de guitare agressif. On bascule ensuite dans une suite aux accents militaires, menée par un orgue percussif et une ligne mélodique lancinante au synthé. Tout ça se termine dans une envolée apocalyptique rappelant étrangement la finale de «Hotel California» des Eagles. Le CD se conclut avec «Nomadi Velieri», une pièce aux allures médiévales, principalement acoustique, avec flûte et violoncelle, bien foutue mais étrange dans le contexte. En résumé, «Nuove Dimensioni» est un CD agréable, d’une formation qui maîtrise bien son art sans vraiment sortir des sentiers battus.
Ugo Capeto
3,5 sur 5

https://maracashrecords.bandcamp.com/album/nuove-dimensioni

https://www.youtube.com/watch?v=h5wm0_hhCiw&fbclid=IwAR1zFkKl09mzT2gBEADR7oGhjygB2jW17nwghuj4GIovaDNOXewjdcdgrCk

07/04/2020

Blind Ego
Preaching to the Choir
hard-rock mélodique – 48’43 – Allemagne ‘19
Après le succès de l’album studio «Liquid» et le magique CD/DVD live du festival Loreley, enregistré sous une pluie battante, Blind Ego est de retour avec un nouvel album. Comme je ne vous l’apprends plus, ce projet est emmené par Kalle Wallner qui n’est autre que le guitariste de RPWL. Il met Blind Ego à profit pour délivrer un hard rock classique aux critères éloignés du prog-metal.
Avec les guitares tonitruantes et pourtant expressives de Kalle au cœur de chaque piste, l'album s'ouvre avec un enthousiaste «Massive», fantastique titre phare pour bien entrer dans l’action. Une pléthore de riffs hard bluesy se combinent avec la batterie puissante de Michael Christoph pour donner un son monumental et élémentaire, un vrai succès pour le plexus solaire et le chorus funky de «Preaching to the Choir» vous rattrape par la peau des fesses!
«Burning Alive» donne une tournure plus mélodique aux débats et met en évidence l'excellente voix rock de Scott Balaban. Une chanson palpitante et entraînante avec un autre refrain tueur, le rythme en pointillés, sautillant et dansant. Les choses prennent un tour plus sombre et plus funk avec «Line in the Sand» et son riff grunge et un chant plus âpre. Il y a une vraie variété ici et une capacité musicale et d’écriture très impressionnante sur chaque piste.
«Dark Paradise», avec son sens de la mélancolie et de la contemplation, prend la ballade rock et l'élève à un niveau supérieur avec un travail de guitare élégant, une basse délicate et une batterie tamisée qui éclatent avec la voix puissante de Scott, sur un chœur altruiste. Le hard rock raffiné revient avec «In Exile», vivifiant et rapide mais dispensable au vu de l’ensemble.
Blind Ego est un groupe de rock aux revolvers visant juste mais suffisamment adulte pour retirer le doigt de la détente juste au bon moment. Il n'y a pas de vrai hard rock sans morceaux reposants, c’est évident avec l'excellent «Heading for the Stars» et sa combinaison soft/speed, sûrement un des meilleurs titres du disque, rock mid-tempo limite AOR. «Broken Land», évoquant là le Scorpions des early 70’s! Une piste de hard rock simple et sans fioritures qui porte son cœur sur le manche avec fierté.
Une ouverture lente et réfléchie pour «The Pulse» augure d’un dernier titre plus exaltant, un morceau intense, puissant et profond qui devient vite captivant à travers ses 8’39 de tension larvée. La musique et les paroles refluent et coulent pour un titre que je qualifierai de ce qui se rapproche le plus du prog’, le solo de guitare perçant un point culminant particulier.
«Preaching to the Choir» est une puissante déclaration d'intention de ce musicien solaire quant à ses gouts musicaux. Hard rock du plus haut calibre interprété par des musiciens à la hauteur de leur jeu et travaillant en parfaite union. La barre vient de monter encore plus haut… Mais il est bien évident que les fans de RPWL peuvent passer à côté de cet album qui n’a définitivement rien à voir avec le prog floydien des compères de Wallner! Blind Ego n’est pas un groupe de rock progressif mais un combo de hard mélodique limite «adult oriented rock» aux idées sympathiques qui ne révolutionne pas un genre grouillant de groupes similaires.
Commode
3/5
Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=oXEoi53WKlo&fbclid=IwAR0eWcgg9ToFhGugs5FG4EnbtotuFH83xdNkJq_VrwTGDX2VQAPBnbtyVMM

08/04/2020

Le Grand Sbam
Vaisseau Monde
contemporary art/expérimental – 37’36 – France ‘19
Insomnie. J’ai convoqué le fantôme de Zappa afin d’entendre réponse adéquate à mon questionnement nocturne, non pas «Quelle est la plus horrible partie d’mon anatomie?», ni «La Louve peut-elle éparpiller, aux 4 coins d’la Norvège, façon puzzle, des comptines pour marmots?», mais plutôt «Peut-on vraiment tout se permettre en musique?». Nombre d’entre vous devinent ce que rétorqua le maître. Inutile de tartiner inutilement. Ce qui, à la lune, réellement me tarabustait était la rémanence d’une rencontre faite cet après-midi avec un groupe d’ados jacassant allègrement dans le parc où je m’étais assis pour lire un canard. Cette bande d’alpagas hormonés communiquait en ignorant sciemment l’ensemble de ses conjonctions. Celles-ci systématiquement remplacées par d’effrayants «slashes». «Il était bien le cours / ‘téressant / ’me suis quand même endormi à la fin #galère». J’exècre déjà les simplifications légales du français quand elles font disparaître le soupçon d’histoire d’une étymologie riche. Un trésor derrière chaque racine, qu’un peu de curiosité révèle. Mais peut-on empêcher une langue de vivre à coup d’inflexibles règles, dans l’unique but de conserver sa pure beauté? Ces extrêmes pensées m’effrayèrent. Serais-je un vieux nostalgique fascisant de la culture? Et voilà qu’à l’aube me tombe dans les bras le dernier délire trouvé du Dux Bellorum, Le Grand Sbam.
J’entame avec la version burlesque du vénéré Zheul, se mêlant à d’étranges borborygmes rythmés bon marché. Aucun repère nous rattachant à un soupçon de beauté. «L'esthétique ne doit pas qu’être lumineuse, l’émotion n’est pas un monolithe de poils hérissés sur les voûtes élancées du bon sentiment ou de la rengaine sucrée moelleuse...», me répété-je! Bardaf, débarque une fugitive Atalante, amputée, malgré tout rayonnante comme un soleil d’hiver. Cependant chez Sbam, les lotus ne fleurissent guère en toute quiétude. C’est donc naturellement que débarque un chaos de bruitages variés, ponctués par d’angéliques et courtes interventions. «Viens petite fille dans mon comic strip» suppliait Gainsbourg à Bardot. Il serait gâté pour le coup!
Sans transition, «Kouïa» s’impose pompeusement avant de sombrer... mais dans quoi, je l’ignore. Un délire, une folie, un trauma?
L’aventure en absurdie se prolonge avec «Woubit», long bruitage, grande oscillation parsemée de trucs, machins, bazars...
Le dernier titre ramène mon esprit troublé sur un vestige de normalité. Vishnu, qui selon Desproges pouvait faire la vaisselle en applaudissant le crépuscule, m'installe illico un piano électrique d’où se dégagent des vapeurs plus ou moins structurées. Effluves chargées de voix suspectes, tourmentées parfois, qui finissent par perler sur les murs puis dégoulinent lentement jusqu’au sol.
Tout ici est hors sujet faisant cohérence. Burlesque sans tarte, étrange sans mystère, grave sans sérieux, bordélique sans désordre. Certains physiciens estiment qu’existent des réalités parallèles régies par d’autres règles. C’est probablement là que je me suis perdu ces dernières minutes. En définitive, comme le bonheur, Sbam est un choix. 0 ou 5…’mets la moitié, vous laissant la case à cocher. Mais cela ne répond toujours pas à ma question: peut-on vraiment tout se permettre?
Néron
2,5/5

https://legrandsbam.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=ZgTcXW1JJ7k&fbclid=IwAR0TY8XjQLmN19xmCJeELuR1QnYCq3qx52NZYjNXcGklIGzMB3UTzQj49N4

09/04/2020

Francis Décamps
De Retour au Cimetière des Arlequins
rock progressif angélique – 39’22 – France ‘20
Il n’est évidemment plus la peine de vous présenter Francis Décamps (Francis Decamps Concept), quoique, pour les étourdis, il a fait partie, avec son frère Christian, du groupe Ange qui fête cette année ses cinquante ans d’existence par une énorme tournée, dont les dates à Paris au Trianon (avec plein d’invités et une setlist particulièrement fournie) resteront gravées à tout jamais sur la partie métallique de rondelles de plastique, puisque nous aurons droit dans les mois qui suivent à une version CD et une version DVD. Et donc, pour fêter dignement cet événement (auquel il a participé), Francis a décidé de revisiter «Le Cimetière des Arlequins», ce splendide album paru en 1973. Pour ce faire, plusieurs amis se sont joints à l’entreprise, à commencer par son frère Christian, son neveu Tristan (réunion de famille, dit-il), Pascal Gutman et son inséparable stick Chapman, JJ Chardeau (dont je vous entretenais il y a peu) et ses Gens de la Lune (Jean-Philippe Suzan, Damien Chopard et Mathieu Desbarats). Que du beau monde! Qu’il est difficile de chroniquer une œuvre dont les moindres recoins sont imprimés dans les méandres de nos méninges. L’ordre initial est scrupuleusement respecté, ce qui est déjà un gage de qualité. Comme nos pauvres cerveaux humains ont la fâcheuse tendance d’embellir les souvenirs passés, j’essaierai de ne pas établir de comparaison. D’abord, d’abord, y’a l’aîné... Comme en 1973, Brel ouvre le bal avec une version par moment symphonique du titre. Mais, «Aujourd’hui, c’est la Fête chez l’Apprenti Sorcier», avec son passage particulièrement planant. Christian et JJ Chardeau se collent au chant pour «Bivouac 1re Partie». Différents claviers utilisés par Francis se taillent la part du lion dans des ponts. «L’Espionne Lesbienne» se montre plus lisible pour nos oreilles car chanté plus distinctement qu’à l’époque (zut, je ne voulais pas faire de comparaison, c’est raté!). Tristan s’empare sans aucune difficulté de «De Temps en Temps» pour une lecture plus actuelle de ce titre emblématique. Jean-Philippe prend en charge le chant sur «La Route aux Cyprès». Très belle version pour la plus longue plage et qui clôture cette plaque, j’ai nommé «Le Cimetière de Arlequins». Je ne voudrais pas prendre congé sans m’émerveiller devant la pochette bien funèbre comme il se doit: Entrez! Entrez beau monde. Choisissez votre tombe! Plusieurs écoutes ont été nécessaires afin de pénétrer et de profiter pleinement de ce cimetière, alors je vous invite à faire de même…
Tibère
3,5/5
Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=BmSDCnAiBWs&fbclid=IwAR28Pl_8Z81tQc4qzNtpWtaxnrOQUIHkr-TSGb-0h8UmyqvTSaqiiVbo54Q

10/04/2020

King Crimson
Heaven & Earth (50th Anniversary)
rock progressif/expérimental/art rock – Box 18 CD + 2 DVD + 4 BD – UK ’19
King Crimson, monument du rock progressif, régale ses fans pour ses cinquante ans de carrière, mais les amoureux de l’époque «In the Court of the Crimson King» et «In the Wake of Poseidon» peuvent sans doute s’épargner la dépense des 149 euros que coûte le box. Vingt-quatre rondelles, de superbes photos dans un luxueux livret en papier glacé, des fac-similés de tickets d’accès et de setlists de concerts, une affiche et j’en passe… On trouve ici réunis les albums des formations «ProjeKct» créées par Fripp et dont il est le seul membre permanent rejoint par des musiciens de KC différents pour chaque projet individuel joué en live. Ceci, dit-il, afin d’éviter des dissolutions successives de KC et d’assurer une créativité renouvelée sans utiliser le nom de la formation de base. À noter qu’une plage de «ProjeKct X» se trouve sur l’album «The ConstruKction of Light». «ProjeKct X», lui, est sorti sous le nom «Heaven & Earth» en 2000. Notez encore que le nom «ProjeKct» n’apparaît pas sur la pochette de «A Scarcity of Miracles» - même s’il fait bien partie de la famille - mais bien le nom des musiciens y réunis: Jakszyk, Fripp et Collins. Cet album n’est pas dans le présent coffret. Pour tenter de résumer, attendez-vous à du déjanté, du solide, du frénétique, du «lourd», oserais-je dire, du «heavy progressif construKction». Basse et batterie, hypnotiques, soutiennent avec grande énergie les déferlements de guitare frippienne dont les notes cascadent à une allure vertigineuse, nous fichant le tournis et flirtant souvent avec l’expérimental. Les improvisations (majoritaires) démarrent toujours en moods de claviers atmosphériques (joués sur la six cordes - ou plus - de Fripp) pour débouler un peu plus tard dans les flux acides des guitares en folie dont Fripp a le secret. Mais ces instruments au nombre incalculable de cordes que je n’ai jamais vus ailleurs s’appellent-ils encore des guitares? Je manque de place pour tout décortiquer, vous pouvez vous en douter. Au chapitre des albums déjà sortis, nous retrouvons «The ConstruKction of Light», «The ReconstruKction of Light» et «The Power to Believe» en versions remastérisées, certains avec des bonus. Sur les disques live, certains titres reviennent, tels «Larks’ Tongues in Aspic», «The Power to Believe» et le magnifique «Dangerous Curves» avec sa montée en puissance exponentielle. D’aucuns pourront donc crier à la redondance, je vous laisse seuls juges. Après tout, lorsque vous achetez un album live de Yes, vous y retrouvez aussi toujours les mêmes titres joués et rejoués encore. Côté vidéo, le Blu-ray 24 («Bootleg TV Europe 2000») présente de longs et extraordinaires extraits des concerts européens. Les images sont de grande qualité, sauf pour les éclairages bleus, eux, très flous. Différents formats audio sont aussi proposés sur les DVD et BD (DTS-HD surround 5.1, LPCM et 24 bits e.a.). Aussi est-il impératif d’avoir le matériel audio et le lecteur appropriés. Cet ultime Blu-ray, à lui seul, vaut le détour; vous en avez pour la journée à en visionner tout le contenu (ce n’est pas exagéré), ce qui compense le regret que sur 24 disques il n’y en ait qu’un seul consacré au visuel! Pas disponible, bien sûr, sur bandcamp.
Clavius Reticulus
5/5
Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=aecG7-S3l8Q&fbclid=IwAR02OAgfUl1UAIjbzvTX3t7br14FJ2I8_3P9lzyBmEvdxdp3zXJ5KKGflGY

11/04/2020

Lo ZOO di Berlino
Resistenze Elettriche
jazz/rock in opposition – 40’02 – Italie ’19
Pas de voix, pas de guitare. Mais une basse (Diego Pettinelli), une batterie et un piano électrique (Andrea Pettinelli) - préparé. Et troisième (véritable) album, enregistré, partiellement au moins, en public, de ce trio atypique de jazz rock enchevêtrant modernité post-rock et tradition italienne progressive, qui amalgame traditionnels déglingués («Internationale impro» - ben, oui, L’«Internationale» de la "lutte finale" - ou «De Waiting War (from Pratella's War)» - une collection de citations enfantines, dont «SinterKlaas kaput», propre à nos contrées - mais pas que), impros et compositions propres. Les gars ont fricoté avec Il Balletto di Bronzo, Area ou Banco Del Mutuo Soccorso, des références non négligeables dans la botte transalpine. Lo ZOO di BerlinO se positionne comme un laboratoire de création et un consortium (le «Consorzio ZdB») qui produit nombre d’artistes italiens et propose une musique à la dynamique parfois soufflante (le John McLaughlin-ien «Eléphant Blanc Impro»), parfois simplement jazzy («Internationale Impro» - l’intro, car le deuxième tiers nous réserve sa dose trash), souvent saturée, voire explosive.
Auguste
3/5

https://lozoodiberlino.bandcamp.com/a…/resistenze-elettriche

https://youtu.be/jiKu30Peq48?fbclid=IwAR2iq6w3C6kDTICcmtCLv0uxXceVXgTNeRaLn0KUCvIzZBQtOfZgojd1oAM

12/04/2020

Maiden United
The Barrel House Tapes
accoustic cover – 47’27 – Pays-Bas ‘19
Maiden uniteD est un groupe de cover d’Iron Maiden, mais bien particulier. Joey Bruers est à la base du groupe; avec des musiciens de différents groupes, il interprète un ensemble de chansons acoustiques de Maiden. Maiden United présente les chansons classiques d'Iron Maiden sous un jour nouveau avec des réarrangements acoustiques qui transforment les chansons en quelque chose que les fans d'Iron Maiden reconnaissent mais n'auraient jamais imaginé entendre. Pour ce cinquième album, il y a des membres de Up the Irons, un des plus gros covers, Doogie White (chanteur de Yngwie Malmsteen, Michael Schenker ou encore Rainbow). Il a été auditionné en 1993 pour remplacer Bruce Dickinson mais c’est Blaze Bayley qui a été choisi. D’autres guests, Dennis Stratton guitariste sur le premier album de Maiden ou encore Frank Beck de Gammaray. Pour cet album les titres les plus connus sont «Alexander the Great», «Powerslave», «Phantom at the opéra», «Sanctuary» et surtout l’idolâtré «The number of the Beast». Que penser de Maiden United? Et bien le moins que l’on puisse dire c’est que les musiciens retravaillent vraiment les titres de Maiden. Mettre les principaux titres en version acoustique est d’une grande complexité et c’est sacrément bien recherché. La technique des membres du groupe n’est plus à démontrer. C’est pourquoi je mets la note de 3/5. Mais quand vous êtes un grand fan de Maiden, comme je le suis, les titres n’ont la plupart du temps plus rien à voir, et vous vous retrouvez avec un sentiment de frustration. Dans ce style de projet soit vous rentrez dedans… ou pas. Si vous ne connaissez pas Iron Maiden du tout vous passerez d’office un très un bon moment. À vous de tester.
Vespasien
3/5

https://maidenunited.bandcamp.com/al…/the-barrel-house-tapes

https://www.youtube.com/watch?v=2JaIuSjrAxQ&fbclid=IwAR3PO659XQlk8FBcOZNr-JwF6CKtZt3XbLdt6qNpkOtdYOB9efj31DWCFaM

https://www.youtube.com/watch?v=a145IkumFyU&fbclid=IwAR1FizwVDJp5MXT8O2Od7KmjXtat7x9z3iWk2xcXJ5DSevovqQ2SyrsIR0E

13/04/2020

Crayon Phase
Two Hundred Pages
néo-progressif heavy – 75’04 – Allemagne ‘19
Après un premier album («Within My Recollection») passé un peu inaperçu à sa sortie en 2013, revoici les Allemands de Crayon Phase avec un second album intitulé «Two Hundred Pages». Signé à présent sur le label allemand qui monte, «Progressive promotion Records», le combo germanique nous offre un concept album original dont la trame narrative est basée sur le drame d’un gars qui a la fâcheuse tendance à se réveiller sans jamais pouvoir se souvenir de ce qu’il a bien pu glander la veille. (Moi ça m’arrive aussi, mais en général c’est à cause de Sieur Malt et Dame Houblon.) Bref le mec a l’idée de noter tout ce qu’il fait durant la journée afin de se construire une histoire, la sienne. Belle idée que ce concept, ça aurait pu inspirer Philip K. Dick, si ce dernier était toujours des nôtres.
Si le premier album souffrait de sérieuses carences, dont le chant, le groupe a, ici, rectifié le tir en se dotant des services du chanteur brésilien Raphael Gazal. Bonne pioche, sa voix est puissante et expressive.
Niveau style musical on baigne dans un néo-progressif de bon aloi, redevable des ténors des années 90 tout en injectant, histoire d’ancrer correctement l’opus dans son époque, une dose non négligeable de métal-progressif dans les sillons.
La récolte est donc tout à fait comestible. Les morceaux, (9 en tout), sont calibrés comme des pommes de terre destinées à l’exportation. C’est rond, savoureux, propre, et sans bout qui dépasse. Harmonie parfaite entre arrangements claviéristiques, poussées symphoniques et instrumentations complexes et mélodiques. Album cliché mais souvent délicieux dont la longueur (75 minutes) participe néanmoins à réduire un peu l’intérêt au fil du temps. Oui quand c’est très calibré faut pas que ça dure trop longtemps; sur la longueur faut toujours essayer de surprendre pour maintenir l’intérêt. Outre ce petit reproche, ce «Two Hundred Pages» demeure un très bon «petit» album de prog dans un style néo-prog actuel qui n’est pas gâté de passéisme et encore moins affublé de jeunisme. Calibré vous dis-je.
Centurion
3/5

https://crayonphase.bandcamp.com/album/two-hundred-pages-2

https://www.youtube.com/watch?v=YmpZBaM_xv0&fbclid=IwAR1zIiK62F5v3jYhn_Ub9aw9FHBXnLRF3y8Yft01ifpGSKm6y2mMlJSEa38

14/04/2020

Ex-Libris
Ulysse
rock progressif québécois – 61’12 – Québec ‘19
Ô merveille, ô bonheur, ô temps, suspends ton vol… Le plaisir égoïste pris à l’écoute de ce disque du retour m’a pris aux tripes et à l’âme. Je reviens en 74/75 vers Harmonium, Pollen, Beau Dommage et leurs compères moins connus. Un grand album de rock progressif québécois qui n’oublie pas de placer de magnifiques chansons bourrées d’émotion. Le titre «Ça fait si longtemps» est en cela représentatif de cet univers québécois d’expression française qui de suite dresse les poils et ronge des souvenirs diffus, si doux, un cocooning mental!
Je jacte, je jacte, mais je n’ai pas encore cité ce groupe Ex-Libris, fondé à Terrebonne au Québec en 1985 et dissous en 1997 avant de se reformer en 2017. Il aura fallu presque 25 ans pour voir la sortie de ce nouvel album après leur premier difficile à trouver, un album au titre éponyme, sorti en 1995. Épatant album prog’ symphonique au chant en français, inspiré du voyage d’Homère mais transcrit à notre époque, «Ulysse» est une errance au cœur des années 70 avec l'utilisation du mellotron, du Hammond B3, du Moog et de la basse Rickenbacker. On retrouve la douceur parfois rugueuse d’un prog’ assimilé à la vague française de l’époque. Les trois membres fondateurs, Claude Pineault, Jean-François Demers et Stéphane Aubin restituent un réel son prog’ mais avec la valeur ajoutée de vraies chansons qui prennent parfois le pas sur l’instrumentation. «Malade sans rendez-vous», par exemple, retrouve les accents de Genesis en pleine gloire, claviers exaltants et progressant vers l’infini imaginaire. Mais ce qui caractérise Ex-Libris c’est bien ce dépouillement d’un simple «piano-voix», véritable format chanson contrebalançant de riches et puissants passages instrumentaux. Cette particularité, cette marque de fabrique me semblent purement québécoises, de même que la tournure des vers, l’usage de mots ou de phrases typiques du terroir d’outre-mer. Une généreuse naïveté parlant le plus souvent d’amour déçu ou perdu qui ravivera le cœur d’adolescent sous l’épiderme tanné des plus âgés d’entre nous. Sans jouer le passéiste ou le nostalgique ‘c’était mieux avant’, le trio vous entraîne vers un passé émerveillé qui fait juste du bien à son cœur (sic)…
Il y a du Mona Lisa chez Ex-Libris, c’est indéniable, ce même touchant franc-parler qui fait mouche banalement aux âmes réceptives à cet émoi candide. Et même le chant de C. Pineault parfois me rappelle D. Le Guennec. Un magnifique «Je te regarde» alertera les sens plus que d’autres car le symphonisme (à trois seulement!) prend une tournure altière digne de la Genèse (ces claviers sautillants puis amples sont une vraie gâterie). Et puis ces textes cinématographiques, vous savez, en quelques phrases, tout est décrit avec une minutie littéraire, l’imaginaire travaille autant que les tympans. Un bonheur à chérir… Il y a tant de morceaux à décrire que je n’aurai pas la place. Retenez aussi «Tu ne me manques plus», fabuleux titre qui me bouleverse aussi bien par les paroles que la musique, apogée progressive de l’album. Ex-Libris c’est le retour des jours heureux, dans ma chambre, le casque sur la crâne, j’ai 14 ans, je rêvasse à cette Isabelle du lycée qui m’a retourné le cœur, il est 19h, j’ôte la musique des oreilles, ma mère va m’appeler pour manger… Vous voyez dans quel état les douze titres d’Ulysse peuvent mettre un vieux chroniqueur? Je sais que certains ont compris de quoi je parle, alors foncez vers votre jeunesse avec le concours d’Ex-Libris, prestataires de souvenirs indélébiles. «Assis su'l'bord d'l'amour » comme ils disent… Merci pour le voyage!
Commode
5/5

https://ex-libris.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=PdulLPwafDo&fbclid=IwAR209z1eZEN974XOuMaMSUDpAAHB8MoKTL-ltrwL9PvM_jmocpoyo-GsnEM

15/04/2020

Pretty Lightning
Jangle Bowls
rock/psyché – 37’56 – Allemagne ‘20
On trouve toutes sortes de nuances dans cet album dont la construction reste simplissime. Des morceaux plutôt courts qui alternent les rythmes lents et les rapides, où la guitare prédomine et où les effets d’écho typiques du genre psyché sont plutôt bien dosés, pas excessifs et bien répartis. Bémol cependant: l’effet «écho» est un atout mais se révèle parfois un piège s’il est mal maîtrisé. Le problème ici, puisqu’il y en a un, se situe au niveau de la compréhension des textes des chansons. Là, le procédé se montre dévastateur et rend les paroles complètement incompréhensibles. Bon, je sais que beaucoup d’auditeurs francophones ne s’en préoccupent pas mais quand même… Le parcours musical débute par une plage psyché au tempo lent un peu bluesy pour enchaîner par un rythme plus enlevé à coloration punk (ça m’a évoqué «ça plane pour moi» de Plastic Man, eeeh oui!). Puis le kraut vient colorer la troisième plage, un peu, juste un nuage de lait! Une autre se fera incantatoire. Invocations d’êtres diaphanes et mystérieux (Boogie at the Shrine) sur un tempo hypnotique. L’album se prolonge en alternant toujours les rythmes lents et les plus speedés, menés essentiellement par une batterie très présente. Le dernier trip, plus long, allie encore la voix en écho à une guitare qui travaille en mode deux temps. Ils ont bien fait d’opter le plus souvent pour des morceaux courts car ils y sont, dirait-on, plus à l’aise. Dans l’ultime chapitre de cet album, la légère touche «orientale» et les bruitages cosmiques de fin de course sauvent l’ambiance un peu monotone pour ne pas dire lénifiante. Bref, un opus en demi-teintes qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable sans pour autant être mauvais. Tout cela demanderait un peu plus de conviction!
Clavius Reticulus
2,5/5

www.prettylightning.bandcamp.com

16/04/2020

Etrange
Etrange
metal progressif – 47’34 – France ‘19
ETRANGE est un duo français de métal progressif cinématique (tout un programme!) composé de Deadale (guitares, basse) et Velhon (claviers, programmation) dont voici le premier méfait. Leur biographie décrit le concept de l’album en ces termes: «E.T.R.A.N.G.E. est un module autonome d’exploration spatiale doté d’une intelligence artificielle. Dernier vestige de l’Humanité envoyé aux confins de l'espace par une planète mourante, il explore et cherche sa place dans l’immensité du Cosmos. Entre quête scientifique et spirituelle, ultime Héritage de l’Homme dans une enveloppe de verre et d'acier, voici son histoire...».
Le premier point à signaler tient à ce que ce projet soit entièrement instrumental: un exploit pour nous narrer un tel récit. Sept actes décomposent le propos de nos aventuriers de l’espace. La collaboration entre les deux hommes a débuté à l’automne 2017 pour arriver à un résultat éblouissant. Au niveau des ambiances, on y entend du baroque, du métal prog (Symphony X indéniablement), du jazz (l’intro de «Reloader») et des plans plus «extrêmes» (Emperor est même cité sur certains sites internet parlant de ce projet), sans pour autant sonner de manière incongrue.
Dans une interview glanée sur le net (www.lagrosseradio.com), Velhon nous explique qu’une même idée peut être abordée sous le prisme de différents styles, lui donnant une saveur singulière. Ainsi, l’album est construit autour de certains échos entre les morceaux: une même mélodie ou bien une rythmique / un riff peut apparaître sur plusieurs titres mais avec un arrangement différent. Cela permet de créer une unité globale tout en proposant une progression et ainsi développer des tensions et des relâchements, à la manière d’une narration. Remarquons le sens du détail de nos compères: les premières lettres de chaque titre forment ensemble le mot «E.T.R.A.N.G.E.»! J’éviterai de vous narrer le détail de chaque titre, sans pour autant vous signaler que le terminus du disque, «Exoplanet», s’avère être un long épique de plus de onze minutes à la puissance toute wagnérienne. Précipitez-vous afin d’acquérir cette plaque, vous ne serez déçu en aucune manière.
Tibère
4,5/5

https://etrange.bandcamp.com/releases

Le CD physique peut être acquis sur le site du groupe : etrangemusique.com

https://www.youtube.com/watch?v=N4r9JhnbCW8&fbclid=IwAR3_ckypjUzqBLHhEJnQ7qCkEEMjPSsf_5lUJ9Mg8CWev-uxVdLPPdabV40

17/04/2020

Mangala Vallis
Voices
néo-progressif/AOR – 42'44 – Italie '20
«Voices» est le quatrième album studio en 22 années d‘existence pour les Italiens de MANGALA VALLIS. Le groupe est un habitué des albums-concept et, comme son titre l’indique, les voix représentent le fil conducteur de «Voices». Les voix qui sont en nous, qui s’éveillent, deviennent de plus en plus fortes et qui finissent par sortir comme pour exprimer une conscience collective, illustrée sur la pochette par tous ces hauts-parleurs fixés sur une sphère qui n’est autre que notre planète. On démarre l'écoute avec «The Centre Of Life», un titre avec un gros son calibré AOR, pas franchement progressif mais pas désagréable avec le petit coté Toto des voix sur le refrain. «No Reason» commence par de très belles guitares acoustiques accompagnées d'un joli travail harmonique sur les voix, très agréable à écouter et qui s'accélère dans la deuxième partie instrumentale. Une franche réussite qui nous fait regretter que le reste de l'album ne soit pas à ce niveau. «Get It While You Can» est une bonne chanson néo-progressive que l'on peut rapprocher de ce que produisent les Canadiens de Mystery. Nous arrivons avec l'enchaînement de «The Voice Inside» et «An End To An End» dans ce que l’on pourrait appeler le ventre mou de l'album. En effet, ces deux titres toujours très orientés AOR sont assez pénibles à écouter et présentent tous deux des mélodies peu inspirées. Avec «Demon», on retrouve un peu le sourire avec une rythmique plutôt astucieuse, quelques interventions de claviers et des breaks bien sentis jusqu'à la fausse fin, et le morceau se prolonge, au risque de gâcher sa première partie pour culminer à 7 minutes 22. L'album se termine par «Sour», un genre de ballade plutôt ennuyeuse avec un chant assez maniéré. Bref, vous l'aurez compris, un CD à réserver aux inconditionnels du groupe, qui a par ailleurs sorti de très bons albums dans le passé, mais si vous êtes à la recherche d'un bon album de rock prog, vous n'aurez pas de mal à trouver plus intéressant dans les sorties actuelles.
2/5
Titus

https://maracashrecords.bandcamp.com/…/mangala-vallis-voices

https://www.youtube.com/watch?v=p9mjGSIuyPQ&fbclid=IwAR0B3VozehBNbLsRujt2YL4wY_pEj7wM7SySAf_NFXd2pk4iK5cqwF0g4AQ

18/04/2020

Bärlin
The Dust of Our Dreams
rock/cold – 44’21 – France ’19
Le groupe lillois Bärlin roule ses flight cases depuis un peu plus de dix ans et «The Dust of Our Dreams» est son troisième album. Dans la continuité d’un «Emerald Sky» où le trio aurait encore mûri son écriture, les sept titres de ce disque dessinent un monde ténébreux, où le frisson le dispute à la plénitude, où la joie joue à cache-cache et perd toujours, où la vie semble, avec la brillance fulgurante de la nuit noire, au bout du rouleau - mais quel rouleau! Avec des moyens réduits - le timbre de la clarinette est d’une telle richesse! -, Clément Barbier (clarinette et chant), Laurent Macaigne (basse) et Simon Thomy (batterie), parfois aidés de quelques samples ou de la voix de Gautier Dupont, fabriquent une musique à la palette sonore ample, qui évoque un Maneige senior (la clarinette, bien sûr), mais plus encore un Tuxedo Moon débordant de plénitude, ou bien certaines de ces eaux sublimes dans lesquelles Tom Waits a toujours rêvé se noyer. La production, aussi, est excellente. Immersif, raffiné, somptueux. Fait pour la durée.
Auguste
4,5/5

https://baerlin.bandcamp.com/album/the-dust-of-our-dreams

https://www.youtube.com/watch?v=n-TQvO72FdY&pbjreload=10&fbclid=IwAR3QCYkjidYpEDrYAYoxGeeopPE0xQm9tylVsHeHmGvqBdLAWqPmlkTpCu0

19/04/2020

Blood and Sun
Love & Ashes
neo-folk américain – 41’49 – États-Unis ‘20
«Love & Ashes», deuxième album de Blood and Sun, créé en 2011, propose neuf chansons écrites au cours des six dernières années et enregistrées dans une multitude de lieux géographiques qui vont de l’ombre des gratte-ciel de Manhattan, au Studio Gare du Nord (en français dans le texte), en passant par les Green Mountains, à une cabane dans le triangle d’Emeraude en Californie du Nord, aux vastes plaines du Midwest et aux déserts étoilés du Mexique.
Ce genre musical, je le connaissais un peu mais - je l'avoue - sans savoir qu’il s’agissait de neo-folk américain. Ce qui m’a le plus attirée sur cet album, c’est la voix du baryton Luke Tromiczak (chanteur mais aussi multi-instrumentiste et ancien membre du groupe de metal Maledicere), une voix ténébreuse (qui pourrait s’apparenter à celle de Jérôme Reuter de Rome ou à celle de Michael Gira de Swans), sur une musique mélancolique. La guitare est pourtant souvent rythmée comme sur la plage titulaire, parfois au son de cymbalettes comme sur «Stone Wrote in Stone». Sur «This Hate in Me will Pass», la guitare est acoustique, accompagnée de la voix tantôt grave, tantôt chuchoteuse de Tromiczak, qui donne à ce titre un aspect de douceur. Sans bouger de votre écran, vous pouvez faire un petit tour dans la nature et voir différents paysages américains qui ne sont pas toujours idylliques, en cliquant sur le lien youtube ci-dessous. «The Wanderer’s Road» est une ballade où on se laisse «vagabonder» et virevolter. Mais le titre qui nous transporte le plus c’est «By What Road»: ici la guitare nous emmène tranquillement sur les routes, on se laisse bercer par un violon qui amène une certaine rêverie, d’une longueur/langueur de plus de 8 minutes, mais attention, à la fin du titre, le mouvement s’accélère! Je vous souhaite un bon voyage mélodieux, même si parfois sombre, à l’écoute de cet album.
La Louve
3,5/5

https://bloodandsun.bandcamp.com/album/love-ashes

https://www.youtube.com/watch?v=597WaaoFAzs&fbclid=IwAR3fKIGvLNAfWSw2pBiJmPYBnOwGt7Evzb0Dtp7jfzsuVDSM9wTYHGg04do

20/04/2020

Amon Acid
Ψ
rock psyché/garage/post punk – 65’26’ – Angleterre ‘19
Si les titres des morceaux pouvaient parler par eux-mêmes, ils diraient déjà beaucoup…
Ici, dans ce nouvel opus de Amon Acid, groupe de Leeds, il est question de «Portal», «Niburu’s scrolls» (personnage de la mythologie grecque ou encore possiblement la 9e planète du système solaire) ou encore «Pyramids on Mars»…
Bref, on plonge dans une atmosphère de rock psyché typique.
Mais elle mélange allègrement des sonorités celtiques, moyen-orientales (de plus en plus fréquentes) ou encore indiennes, le tout assez bien fondu et emballé par une ambiance de temps en temps «outre-tombe».
Ce dernier aspect est par ailleurs accentué par une voix, un timbre et une langue que l’on ne parvient pas à saisir.
L’album commence sur des sonorités très métalliques, du style «post-punk» ou «garage», et puis suivent des morceaux avec une guitare et des accords répétitifs que l’on a l’impression de retrouver sur plusieurs morceaux. Ou, à tout le moins, qui créent une colonne vertébrale cohérente à plusieurs plages.
Puis surviennent de-ci de-là des morceaux très différents donnant un côté disparate et éclaté.
En conclusion, on a là un objet très personnel mélangeant un peu de tout, des inspirations diverses et engendrant un style propre mais empruntant en même temps aux touches classiques du «psyché», du «garage» ou «metal électro».
Une belle surprise et un coup de cœur pour le morceau «Caravan» et sa rythmique hypnotisante.
Isidøre
4/5

https://amonacid.bandcamp.com

21/04/2020

Alessandro Errichetti
Behind the Beyond
rock progressif – 40’20 – Italie ‘19
Alessandro Errichetti, amoureux de la musique depuis son enfance, a commencé à jouer de la guitare à l'âge de huit ans. À vingt ans, de Rieti il revient vivre à Rome pour étudier la musique et commencer son activité live. Il joue en hommage à la musique qu'il aime le plus, les Beatles, Led Zeppelin et Pink Floyd, tout en se consacrant à la composition. En 2013, il rejoint le projet «Frizzi 2 Fulci» de Fabio Frizzi, avec lequel il se produit dans certains des théâtres les plus importants du monde, dont le Barbican and Union Chapel à Londres et l'Egyptian Theatre de Los Angeles.
Depuis 2018, il est le guitariste de Pink Floyd Legend, le plus important spectacle de Pink Floyd en Italie, avec qui il se produit dans des théâtres tels que l'Arcimboldi à Milan, l'Ariston di San Remo et l'Auditorium Parco della Musica à Rome.
Un homme nous raconte l'histoire d'une femme, mais ce n'est peut-être que ce que la femme veut qu'il raconte, ou peut-être que les deux personnalités se rapprochent tellement qu'elles se confondent. En tout cas, il la rejoint dans un lieu qui pourrait être n'importe où et nulle part, «Behind The Beyond» précisément, un lieu qui est une source d'inspiration créative. Inspiration énigmatique comme celle nécessaire à Alessandro Errichetti pour concevoir ce concept qui est son premier album. Pour soutenir cette structure narrative, il utilise un somptueux échafaudage de rock progressif qui sait parfaitement se fondre aux moments d'humour rencontrés au fil des chansons, passant du psychédélisme à la légèreté folk. Avec la contribution de musiciens talentueux et l'aide fondamentale de Fabio Frizzi dans la phase de production. Des mélodies qui semblent provenir d'une époque non classable dans une période historique précise, une époque pas le temps, un passé lointain qui semble l'avenir, comme le meilleur prog’ avec des textes cryptiques en anglais qui les rendent plus internationaux. Pour embellir tout, c'est le langage cultivé, énergique et élégant, créé sur la guitare électrique par Alessandro Errichetti, un musicien éclectique et bien préparé qui, avant de faire ses débuts discographiques, a joué de la musique pour lui sur toutes les scènes les plus importantes du monde, s'appuyant pleinement sur les prétentions artistiques de la fin des années 60 et des années 70. «Behind The Beyond» est une immersion dans l'intemporalité qui vous met en contact de votre âme la plus profonde et, au milieu de frissons d'émotions et de tensions électriques, la dilate de la dispersion à la renaissance. Habilement emballé, ce pur condensé d’italian prog’ gagne en densité par l’emploi de la langue anglaise à laquelle les auditeurs sont plus habitués par plus de 60 ans de rock. Errichetti a convoqué la grâce, l’émotion et le talent pour composer cet album avec un peu de Beatles, «Please take me back», on dirait Paul et George! Mais ce serait réducteur car le classicisme qui se dégage ne fait qu’employer des airs pop avec une jouissive envie de mélanger hardiment les deux tenants de la musique chers à ce bon vieux rock progressif. Parfois proche du meilleur 10cc en somme, groupe qui m’est cher. Des influences comme tout le monde mais touillées avec l’âme et l’envie, c’est un premier disque solo, je rappelle. Une sorte d’état de grâce que tout auditeur à l’ouïe sensible comprendra de suite.
Commode
4/5
Album non disponible sur bandcamp

https://youtu.be/xAfJLLexUns?fbclid=IwAR3jcC8qKd8sFmz35VFqo9RKf6EXyoQEHRtvAPmkBpgw_eTIlL2268O4JG4

22/04/2020

Kungens Män
Chef
kraut/psyché/space rock – 41’04 – Suède ’19
Formé en 2012, le band de Stockolm Kungens Män se compose de 6 musiciens. Trois guitaristes, un bassiste, un claviériste (plutôt discret) et un batteur qui donne le ton ici d’entrée pour un premier morceau dans le plus pur style Can. Tempo 4/4 qui va monter en puissance et envoûter très rapidement. Chapelets de guitares qui s’y greffent avec la dose d’écho qu’il faut pour rappeler que le space-rock mâtiné psyché se marie étroitement à cette veine kraut. Le tout se prolonge pendant plus de dix minutes, ce qui est la moyenne pour chacune des quatre plages qui composent l’album. Le deuxième volet se meut sur un tempo plus lent où tricotent toujours les guitares en actrices principales. Basse et batterie caracolent sur un style drone très cosmique. Et le même schéma va nous poursuivre dans une troisième plage qui reprend une solide dose de vitamines. Rythme accéléré qui va crescendo, bruitages cosmiques, guitares en combat singulier qui éclatent dans tous les sens. Mais où est le clavier? Les riffs sont littéralement tueurs. Le clavier? Dans les mouvements sidéraux, bien sûr. Sidérant, devrais-je dire. Au saut du lit (oui, je commence tôt!), pas de soucis, ça met la pêche. La quatrième et dernière plage, par ses accents moyen-orientaux, évoque directement Amon Düül II par ses accords de six cordes aux notes décalées sur un tempo lent et une dose d’écho savamment calculée. Définitivement un bon album que ce huitième opus.
Clavius Reticulus
3/5

www.riotseasonrecords.bandcamp.com

https://www.youtube.com/watch?v=Hcp4Vs22OhA&fbclid=IwAR26sel4XBoQ3dWRKxn9KmvP-0dg6wBztIXrJScUjyaz1DgSx05wNCyY6ls

23/04/2020

Esprit d’Escalier
Predictable Anomalies of a Lunatic Geometry
math-rock/progressif – 51’57 – France ‘19
Ce groupe, formé en 2018, nous vient d’Orléans. Il nous délivre aujourd’hui son premier album. Esprit d'Escalier est composé de quatre membres, à savoir Matthieu Couffrant, Vincent Lechner, Baptiste Bois et Renaud Rabusseau, mais je n’ai trouvé aucune information sur les instruments dont ils jouent respectivement. Pour reprendre les termes de leur bio: «Depuis le début, notre maître mot est de ne rien se refuser et d'expérimenter avec toutes les facettes du Rock pour proposer aussi bien des titres courts et accrocheurs que des grandes épopées musicales endiablées, des morceaux instrumentaux ou à texte, des rythmes ensoleillés ou des ambiances plus sombres… Avec ce premier album et au milieu d'un mélange de prog, de post-rock, de math-rock, de métal et parfois même de pop, on sent émerger un style qui nous est très personnel, caractérisé par du groove et des guitares techniques, mais aussi par un son riche, travaillé et texturé».
L’album débute par un titre instrumental, «Synesthesia», où la guitare nous accueille sur une mélodie entraînante. Le chant, correct, s’invite sur «Ennemi», en français, dans une certaine continuité par rapport au morceau précédent. «Dissonance» est ensuite introduit pour se poursuivre au long de sept minutes, agrémenté de passages plus aériens. La guitare égrène, de-ci de-là, de beaux arpèges («Ghosts», «Interlude»). Des passages plus métalliques se font jour sur «Nefelibata», entrecoupés d’un chant presque plaintif. La pièce de résistance, «Golden Age», nous est servie en fin de parcours pour plus de dix minutes de changement d’ambiances. Plaisant dans son ensemble, «Predictable Anomalies of a Lunatic Geometry» apportera un moment d‘écoute plus que sympathique, mais je dois reconnaître, et cela n’engage que moi, avoir eu des difficultés avec le chant, au moins sur certains titres. Que cela ne vous retienne pas d’y jeter une oreille attentive!
Tibère
2,5/5

https://espritdescalier.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=at_sVsOBwj0&list=OLAK5uy_kFt_JbsiIRS6pWUSFXKaFR0zDrtD6mB-k&index=4&t=0s&fbclid=IwAR3km7sQqKWImqOixe2mSYxEVhRfSavSDMLMLVvReHeemTtAFr0NHjjbMDE

Des précisions sur la composition du group nous ont arrivées après publication :

Basse : Vincent LECHNER
Guitare & Claviers : Baptiste BOIS
Batterie : Matthieu COUFFRANT
Guitare & Voix : Renaud RABUSSEAU

24/04/2020

Forstenet
Ephemeros: Virvar
metal prog experimental – 64’39 – Danemark ‘19
Laissez-moi vous conter l’histoire de Forstenet. Il s’agit de jeunes Danois qui ont décidé de former un groupe de rock progressif, mais un groupe de rock qui met en avant la libre circulation de la créativité et de l'expérimentation. Donc un groupe où chacun peut y mettre ce qu’il veut (cela pourrait être la définition d’un groupe de rock progressif). Forstenet est le mot danois pour «pétrifié», ou plus directement «transformé en pierre», et «Ephemeros: Virvar» dérive du grec «efímeros», «qui ne dure qu'un jour, éphémère», «Virvar» signifiant «confusion, chaos, trouble»… Vous voyez vers quoi on se dirige… Découvrons leur premier essai. Comment qualifier cet album…!? Pas facile… On peut dire qu’ils aiment mélanger le son lourd et doux et ceci en même temps. On y retrouve du psychédélisme, de la folie, de la lourdeur, de l'émotion, de la technique, de la douceur, mais surtout de la création. Originalité est le maître mot. Le chant en danois apporte son lot de curiosités. On se promène au milieu de Black Sabbath, d’Opeth, de Pink Floyd, de Voivod ou encore de Frank Zappa. «Dissonans II» en est l’exemple parfait, une pure merveille; Tommy Iommi n’aurait pas fait mieux dans la lourdeur. Mais dans Forstenet on dirait qu’il est accompagné de David Gilmour. «Skønhed Blandt Kolossale Masser Af Grå» est un titre comme seuls des Scandinaves savent le faire: rythmé et à la fois sombre à souhait. Quand je vous disais qu’ils aiment le mélange des genres; on y retrouve même un petit passage flamenco. Mélange d’Opeth, de Beardfish et d’Anglagard, quatorze minutes de création intense. D’autres parties de l’album, comme «Urskov», risquent de heurter les moins trash d’entre vous avec une voie bien gutturale et une rythmique nettement moins passe-partout. Vous l’aurez compris, pas facile de classifier ce nouveau groupe, mais je vous le conseille fortement. Un peu de curiosité et vous n’allez pas le regretter.
Vespasien
4/5

https://forstenet.bandcamp.com/album/ephemeros-virvar

https://www.youtube.com/watch?v=0JFuuB0JRAk&fbclid=IwAR0WZkjIsIB33MDdxI3axgJZzSdHXTMpb2fE6L84wEgmMOAKr09Ex6big9Q

25/04/2020

Exploded View
Obey
krautrock post-punk – 38’08 – Mexique ’18
«Obey», c’est un peu l’apocalypse assouvie. Cette sensation orwellienne d’agencement et de pénitence, d’œil sournois et omnipotent - ce monde où chaque chose a sa place. Ce monde où chaque Winston a sa Julia. Un ordre dystopique. C’est le deuxième album de ce trio international (l’Anglaise basée à Berlin Annika Henderson et les Mexicains Hugo Quezada et Martin Thulin) dont le morceau qui donne son nom à l’album est une véritable excroissance de Joy Division - on sent littéralement Martin Hannett peser sur la désynchronisation exercée du clavier -, la souffrance suicidaire en moins, l’acide en plus. Annika Henderson, dite Anika, journaliste politique, poète, auteur compositeur interprète, DJ, chante en 2010 pour Geoff Barrow (Portishead) et emballe vite fait un singulier album de reprises, des Kinks à Dylan en passant par Yoko Ono et Shocking Blue. Avec Exploded View, Anika donne force à univers qui pose langue et papilles sur tout ce qui bouge, du kraut au post-punk, de l’indus au drone, du psyché à l’électro. Avec un message: "Nos peurs sont utilisées contre nous […]. Nos craintes de vieillir ou d’être exclus - nous devons nous conformer ou payer le prix fort - achetez ceci et vous serez acceptés. Nous devons obéir." Très bien, obéissons.
Auguste
4/5

https://explodedview.bandcamp.com/album/obey

https://www.youtube.com/watch?v=DNdXYshyBmQ&fbclid=IwAR1oSCm4-Q5_sPRVM2JsDOtBaF-KoC5gS2ZcKHUftSWlG4f1wUWH9FrX5vU

26/04/2020

Fall of Episteme
Fall of Episteme
rock progressif/symphonique/AOR – 56’24 – Danemark ‘19
Premier album pour les Danois de Fall of Episteme et le moins que l’on puisse dire c’est que le son du groupe est plutôt à chercher du côté des USA que des clubs de Copenhague. Les influences sont sans conteste celles de Kansas et des grosses machines dont le pays de l’Oncle Sam regorge.
Dès les premières mesures de «Love Will Say» qui ouvre cet opus, les guitares sonnent comme sur un bon album de rock us… après, ma foi… la voix est loin d’être parfaite, c’est là que le bât blesse hélas. Ajoutez des arrangements entendus mille fois et vous avez un album qui n’est pas mauvais mais qui à l’arrivée n’apporte rien à votre culture musicale et dont on est bien incapable de retenir un refrain.
C’est bien fait, c’est bien arrangé, c’est même très bien emballé, la pochette est superbe, mais ça manque de saveurs, de couleurs. Les influences sont là, comme par exemple «Puchline» qui fait immédiatement penser à Saga mais le brin de voix est loin d’être celui de Michael Sadler. La tradition prog est également respectée avec les 15 minutes de «invisible Crusade» qui est ici relativement laborieux, en effet long c’est bien, c’est prog, mais il faut aussi que cela soit intéressant, surprenant et ici, encore une fois, c’est bien fait mais sans surprise.
Cet album est comme un fruit de grandes surfaces, de belles couleurs mais à la dégustation, sans goût!
Tiro
2,5/5

https://fallofepisteme.bandcamp.com/album/fall-of-episteme

https://www.youtube.com/watch?v=3U2uyDaGpqE&fbclid=IwAR3It42F6MPiBmbmDTS7pf5F2J8RYZXUUFScXVtrupTvXQlYxwfpLiNbla8

27/04/2020

Kayak
Live 2019
rock progressif/rock – 115’08 – Pays-Bas ‘20
La nouvelle formation de Ton Scherpenzeel nous revient deux ans après la sortie d’un 17e album studio pour un double live dont la set list comblera les fans de longue date de Kayak. Pas moins de onze titres inhumés des années 70, soit la moitié des chansons interprétées ici lors des concerts hollandais de Zoetermeer et Apeldoorn en 2019. En 2018, Ton réussissait le difficile pari de retrouver des musiciens pour remplacer la totalité des déserteurs qui l’avaient laissé dans une situation critique après la tournée de «Cleopatra», dernier concept en date. Bart Schwertmann, le nouveau chanteur, n’a certes pas la voix chaude de Edward Reekers ou celle, avant lui, de Max Werner aux accents Peter Gabriel mais plutôt la tessiture de Bruce Dickinson (Iron Maiden) et ceci donne, de façon surprenante, un nouvel éclat à certaines interprétations comme celle de «A Million Years» («Night Vision») où Bart ajoute beaucoup d’émotion à une ballade déjà enchanteresse. Le jeu de guitare de Marcel Singor n’a pas non plus les mêmes intonations célestes que l’on entendait sur le magnifique instrumental «Irene» («Starlight Dancer») qui revêt en effet une texture plus heavy! Pareil pour cette autre dame nommée «Daphne» («Phantom of the Night») que Marcel habille d’une partition de guitare étincelante. Ce nouveau line up est définitivement à la hauteur pour recréer les constructions musicales du groupe faites de montées en puissance lyrique qui étreignent l’âme avant de nous achever par une envolée instrumentale qui tutoie les anges. «Seventeen», s’il n’est pas ici joué intégralement, compte tout de même sept plages dont la longue suite «La Peregrina» où la partition de clavier de Ton rappelle un peu celle de «Merlin, Bard of the Unseen». Je suis ravi qu’il n’ait pas oublié «Merlin» de l’album de 1981 qui engendra, en 2003, un album conceptuel que je compte parmi les chefs-d’œuvre du groupe, à l’instar de «Nostradamus» et «Cleopatra». Une interprétation qui tue par un dialogue guitare-clavier d’une maîtrise consommée! On regrettera de ne pas voir figurer au programme (en tout cas pour cette sortie) le très beau «Ripples on the Water» gratifié en studio par la présence de Andy Latimer (Camel), un ami de longue date de Ton. D’autres moments forts parmi lesquels l’incontournable «Ruthless Queen» («Phantom of the Night» 1978), «Starlight Dancer» et le gentil «Seagull» qui figurait sur l’album «Merlin» de 1981. Le fan de la première heure aura une pensée émue pour le grand compositeur qu’était Pim Koopman, batteur du groupe de 1972 à 1976 et de 2000 à 2009, année où il succombe à une crise cardiaque au beau milieu d’une tournée. Il est à l’origine de la plupart des compositions les plus magiques de Kayak. Ce live, à l’instar de «Chance for a Live Time», sorti en 2001, se doit de figurer dans la discothèque de tout fan qui se respecte. On regrettera une fois de plus que ces musiciens ne tournent que rarement hors de leurs frontières.
Clavius Reticulus
5/5

https://kayak.bandcamp.com/album/live-2019

https://www.youtube.com/watch?v=MV-KtaEwk-k&fbclid=IwAR3s6HOhYtDHISHovGtUyXgZVlhqELBCRBUMLgXaagYIHXtv0J-XvX3Ob2M

28/04/2020

Erik Baron / d-zAkord
73’
zeuhl/rio – 72’56 – France ‘20
Bassiste français, jouant un style fusion avant-gardiste expérimental, Erik Baron fut d’abord le leader de Désaccordes, une formation bordelaise spécialisée dans le courant zeuhl puisque leur travail principal fut, entre autres, un album «De Futura (Hiroshima)» qui revisitait le fameux morceau de Jannick Top au sein de Magma («UdüWüdü»). Un album de 2007 qui fut enregistré par Thierry Payssan de Minimum Vital! Depuis, c’est au sein de D-zakord qu’il propose ses travaux oniriques avec le concours de quatre autres bassistes, sept guitaristes, deux frappeurs de gong, un joueur de bols chantants, une voix féminine épisodique. Cette œuvre profonde, tellurique, va chercher ce qu’il peut y avoir de plus ténébreux au sein de nos âmes. Pas ténébreux au sens mauvais, méchant mais obscur, inconscient, agissant comme une véritable catharsis sur l’esprit. Dix pistes qui forment ces fameuses 73 minutes d’où le mystérieux titre de l’album lu au premier abord. Il s’agit d’une seconde version de 58’, en fait, créée et jouée en public à Mérignac en mars 2010; la pièce est enregistrée en 2013 mais ne sortira jamais. Aujourd’hui, E. Baron et D-ZAKoRD diffusent cette œuvre enrichie de gongs, les fameux bols chantants, la voix et des percussions parcimonieuses, soit quinze minutes supplémentaires pour un voyage qui pourra sembler très long à certains mais enrichissant pour nombre de ceux qui s’intéressent à une véritable musique progressive, au sens où ici, on défriche, on débroussaille, on explore un univers sonore ayant peu d’équivalents. Ne cherchez pas la mélodie, chaque morceau n’est interrompu que par le très bref instant du changement de piste. C’est une immensité, une steppe froide et aride à la fois, engourdie sous la neige qui s’ouvre sous vos oreilles désemparées pour qui ne serait pas prévenu! L’œuvre est présentée sous un superbe emballage d’une blancheur immaculée se dépliant en trois volets, un format gênant à ranger, renforçant l’aspect différent de cette musique. Dans ma prime jeunesse, on appelait cela de la musique concrète, un art acousmatique mais, dans «73’», ce ne sont pas les machines qui sont à l’œuvre, ‘juste’ seize musiciens, seize intervenants, créant une véritable nappe de sons surgis des entrailles d’une terre enneigée, une attente prodigieuse au long de cette création sans équivalent!
Commode
4/5

https://erikbaron.bandcamp.com/album/73

29/04/2020

Nightwish
HUMAN. :II: NATURE.
métal symphonique – 81’31 – Finlande/Pays-Bas ‘20
4 ans après «Endless Forms Most Beautiful», voici le dernier né et double album de la formation finlandaise Nightwish. Étant fan, j’ai beaucoup lu ce qui a été écrit avant sa parution, et je me dois d’apporter quelques nuances. Certes le groupe a bien profité de ces années de repos pour se ressourcer, mais vous ne devez pas vous attendre à un changement radical de style. Même si celui-ci est à chercher dans une écriture musicale plus subtile, plus aventureuse et variée. Nous avons toujours affaire à du métal symphonique de très haut vol, auquel ont été ajoutés des éléments tribaux absents jusqu’ici dans l’œuvre du groupe. Le morceau qui ouvre cet opus, «Music», en est l’illustration parfaite; c’est le titre le plus illustratif de l’évolution du groupe, le plus commercial aussi de son répertoire, un morceau qui aurait pu figurer sur le dernier Within Temptation. Les instruments à cordes sont une nouvelle fois utilisés à foison, comme seul un groupe symphonique peut le faire. Le changement notable est à chercher dans la voix de la chanteuse Floor Jansen, là c’est la grosse claque! Techniquement parfaite lorsque sa voix devient murmure autant que lorsqu’elle aborde un registre plus opéra, apportant même de la fraîcheur là où Traja avait pourtant excellé. «How’s the heart» est un single évident, dans la grande tradition du groupe avec fifres et tambourins pour l’ambiance celtique chère au groupe. Un regret cependant, le peu de présence au chant de Marko Hietala; écoutez «Endlessness», qui clôt le premier CD, pour vous en convaincre.
Le second CD est un long instrumental qui se décline en 8 parties. Là je dois dire que je suis moins fan, non pas que ce soit mauvais, mais comme pour l’album «The Score» de Epica, n’est pas Hans Zimmer qui veut. Ce deuxième enregistrement est, je trouve, dispensable.
Ceci étant dit, ce «HUMAN. :II: NATURE.», est un très grand album, l’album de l’année dans ce style et l’un des meilleurs de la déjà longue carrière du groupe.
Une œuvre majeure du métal symphonique loin au-dessus de toute concurrence.
Tiro
5/5
Album non disponible sur bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=LczGSoibRe8&fbclid=IwAR0BbRVC4z5wFSLIpUyj6feGRHeMUsLMjB7x-ekxIXg_NWozf0QijrnLSug

30/04/2020

Fields of Næcluda
Fields of Næcluda
rock alternatif progressif – 47’36 – France ‘19
Fields of Næcluda nous vient de Grenoble. En 2018, Michel Teyssier (composition, basse, chant) enregistre les premières pistes dans son home-studio. Il est ensuite rejoint par Mathieu Schrieke (batterie). Pour les besoins des prestations live, ils se sont adjoints les services de Steven Segarra (Wedingoth) à la guitare. Dans sa traduction littérale, le nom du groupe donne «les champs de l’arbre monde», ce qui, pour Michel, correspond parfaitement à l’ambiance des morceaux. Sauf empêchement majeur (cette chronique a été écrite en pleine période de confinement due au Covid-19), ils devraient être en Belgique (à Eernegem) le 1er mai prochain et le lendemain en interview dans l’émission ProgCity (le samedi entre 17h00 et 19h00) sur RQC (puisque c’est via ce biais que j’ai été contacté). D’entrée de jeu, l’ambiance se fait lancinante et envoûtante grâce à cet ostinato de clavier «Make You Blind» avec un superbe travail vocal. Une rythmique pêchue soutient «Strange Days» pour un rendu plus conventionnel. Avec la ballade «I See You», on se dirige vers les sonorités atmosphériques chères à certains groupes de prog moderne dont je vous laisse deviner le(s) nom(s). Nos amis aiment les aspects mélodiques de leur musique et nous le prouvent, aussi bien dans le traitement des voix que des guitares, avec «Don’t Stop Running». «Sea of Clouds», une autre ballade, se révèle, à l’écoute, un titre complètement lumineux. Laissez-vous (em)porter vers les éthers avec «Elysium» où les claviers font merveille. «Id» s’en va, crescendo, jusqu’à son final. Vous vous surprendrez, sur «Only Ashes Remains», à accompagner le chant lors du refrain, tant celui-ci est enthousiasmant. Retour à une énergie roborative avec «Cannot», avant-dernière plage. Mais il est tard, monsieur, et il est grand temps de prendre congé de nos Grenoblois avec un morceau poppy en diable: «Thinking of You». En définitive, un album qui demande à être écouté plus d’une fois (mais n’est-ce pas notre lot dans le domaine musical qui nous enchante?) pour en retirer toute la substantifique moelle.
Tibère
3,5/5

https://naecluda.bandcamp.com/releases

https://www.youtube.com/watch?v=D-fACXOqK0g&fbclid=IwAR0aVgQi6_Naqp1ovCBhi2Qje8HNv0kWgJ5Ubae-FS5bJtfEWvjff1XLcD0