Chroniques Février 2026
10/02/2026 : Cen-ProjekT - Vexley
Cen-ProjekT
Vexley
rock progressif symphonique - 60:21 - Allemagne 2025
Cen-ProjekT est le projet de Chris Engels partant sur les influences mélodiques du prog des années 70, Genesis, Yes et Pink Floyd en avant. Un musicien prolifique sortant depuis 2019 son 14e album sur un son contemplatif. Du sang progressiste moderne à relent vintage, empreint de souvenirs musicaux actuels. Un concept sur le temps qui passe avec un côté velours moins fort que sous son propre nom. La suite de «Carnival of Lost Souls» avec cette sombre histoire victorienne d’Horatio naviguant toujours entre la science et l’occultisme, loin des textes génésisiens de fait.
«The Legacy Begins» pour le relent génésisien et le piano solennel, rayonnant et le vocal partant sur Yes en final. «Lucian´s Essence» au clavecin de l’ancien temps naviguant entre des montées métalliques expressives et la flûte gabriélenne délicate. «Free» pour l’intro rentre-dedans, l’air jazz-rock guimauve et la montée langoureuse sur Genesis, le vocal haut à la Jon Anderson. Une fusion inédite et très reconnaissable avec l’outro génésisien de 1975. «The Cabin» intro électronique contemplative, sur Pink Floyd. Un bel exercice avec la basse de Wolfgang prégnante. La ballade bucolique au final solennel, sidérant. «The First Offering» sur l’atmosphère ère Gabriel avérée pour un énième voyage réminiscent.
«Torn» pour la montée solennelle, prog sympho metal aux chœurs aériens, au break sur Ravel avec l’orgue chaleureux. «Reminiscence» en ersatz «Horizons» et arpège de Steve Howe. Un délicat interlude amenant à la réflexion avec le clavier velouté qui sied. «Mary» enchaîne, le compositeur travaillant la réminiscence. La descente vintage est incroyable au point que j’ai douté de sa réalité, sacré Chris, il doit bien rire. Sonja apparaît pour le meilleur en vocal affriolant. «The Hollow Sleep» instrumental évanescent descendant sur les pentes guimauves du monde d’Alice. L’énergie gonfle jusqu’à tutoyer les travaux personnels de Chris, le clavier final symphonique. «The Escape» au final olympien, l’intro dans la veine de Cen-ProjekT, bouleversante. L’air virevolte s’éloignant pour revenir se blottir sur les airs tourmentés charismatiques. Du sympho à la pelle hypnotisant l’auditeur jusqu’à l’outro maléfique au possible, Horatio va nous hanter encore longtemps.
Cen-ProjekT n’en finit plus de nous ramener sur les pentes prog des années 70, le prog dégoulinant de Mellotron chaud et de mélodies ensorcelantes. Plus d’albums et plus la crainte de la redite, et plus d’émerveillement. Pour ceux qui rêvent de Genesis et Yes en même temps et ne savent plus quel album choisir, jetez-vous sur ce dernier album, il y a tout dedans. Un éclaircissement: jusqu’à maintenant Chris utilise ses qualités de musicien pour sortir ses albums sans l’ombre de l’IA. Pour fans de l’époque bénie du prog génésisien dont je fais partie.
Brutus
https://cen-projekt.bandcamp.com/album/vexley
https://youtu.be/jofxenNMb84
09/02/2026 : Francis Décamps - Histoires de mots
Francis Décamps
Histoires de mots
rock progressif - 65:09 - France 2025
Le soleil se lève à l’est et face à celui-ci le premier mot «Malédiction»!
Non ce n'est pas une «Histoire de fou», juste le diable et le bout de sa queue, chanson Champagne et l'univers du début des années 80, refrain envoûtant.
Francis du 9e opus Décamps nous réveille avec «Le Guide» et sa voix de Grinch magmaïen qui lance celle, mélodieuse, d'un beau duo sélénophile. Le piano puis la guitare déroulent et jouent des sons qui me rappellent une certaine ambiance Brian May, opéra-rock dans sa mesure!
Le show peu continuer, les chants glorieux et puissants.
«Le magic day»: ambiance de cirque, fond d'orgue de barbarie sur son p’tit piano rouge; Francis nous étonne et nous entraîne dans son univers fantastique. Eh oui, Mesdames et Messieurs, entrez beau monde.
Ça rayonne!
Un morceau inédit mais pas inédit, «Vieille canaille» du regretté Serge Gainsbourg, en duo avec Jean-Philippe Suzan.
De là à «Mon pire cauchemar» il n’y a qu’un pas, jamais invité sur Taratata, c'est un vilain rêve, non?
En live avec Pascal Gutman, ça envoie du bois.
En outre un clip décembre 2024 existe, très sympa, montage réussi avec des dessins d'enfants en trame dans un inconscient débordant.
https://youtu.be/NM3WnGcpWfo?feature=shared
Voici deux chroniques de l'année dernière sur la sortie de l’album «Le Didou naît», dont est extrait «Mon pire cauchemar»: l'une sur notre site Prog censor, l'autre sur francisdecamps.fr (rubrique actualités).
Pour les nouveaux arrivants, vous les jeunes qui découvrez cet artiste «épicier marchand de rock», vous allez aimer à coup sûr!
Toujours à la recherche de sonorités nouvelles et envoutées, Décamps dénommé la joie ne surjoue pas, il déroule les notes avec des mots poétiques.
Des reprises revisitées: «Le soir du diable», «Ballade pour une orgie», «Si j’étais le messie», «Le chien, la poubelle et la rose», tous, standards du groupe Ange dont Francis fut le leader organiste de 1969 à 1995, à écouter sans modération.
Les trois derniers morceaux: Francis et son compère Pascal Gutman, musicien émérite dans le maniement de l'instrument à 12 cordes, le Chapman Stick, dont Tony Levin fut un des précurseurs pour King Crimson.
Dans le morceau «Le chien, la poubelle et la rose», on peut entendre à la fin la voix de Tristan, leader d'Ange et digne neveu de Francis.
«Ces gens-là» de 1965, reprise du regretté Jacques Brel et du premier succès d'Ange sur l’album «Le Cimetière des arlequins» de 1973 est à écouter à fond. On aimera les séquences de sons tantôt profondes et claires mais non répétitives par l'homme orchestre qui déploie ses talents de pianiste, tantôt son jazz, xylophone, basse et écho. Grandiose!
«Si j’étais le messie»: captage live avec la collaboration de très bons acolytes dont Jérémy Piau, Emmanuel Tissot (groupe Motis) et Pascal Gutman, Francis et son rire démoniaque, qui apportent une tonalité sympa à cette reprise d'Ange de l’album «Au-delà du délire» de 1974, un chef-d'œuvre à l'époque.
«C'no Peran»: reprise d’un morceau avec un rien de sonorité bretonne de la période Gens de la Lune opérant de 2005 à 2022; sympa! Vous vous ferez votre propre avis, moi j’aime bien!
Ces textes poétiques venus d'une contrée où les contes et rêves sont légion et qui rappellent la mémoire du poète Léon Deubel, originaire de Belfort 90, décédé en 1913, et que vous irez lire.
Et pour finir, ce morceau que j'ai kiffé en 1993 et qui finira par être d'actualité.
Entre Creutzfeldt-Jakob et dermatose nodulaire, «Préservez les vaches». Tu m'étonnes toujours Francis, épicier de mots et marchand de rock.
Un album de reprises, des paroles recherchées, Didou renaît de ses cendres pour le sourire de nos oreilles et ouvre la voix!
Vulcain
https://open.spotify.com/intl-fr/album/0Yyb4Ia7tT6KqLa14kFShm
https://music.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_k_5OuJJ7kIsmIKo7Zb_p00sgSbXz6BLnU&feature=gws_kp_album&feature=gws_kp_artist
08/02/2026 : Retour vers le passé : Supertramp - Breakfast In America
Supertramp
Breakfast In America
rock progressif étalon - 44:54 - Angleterre 1979
«Breakfast In America» est le 6e opus du groupe devant succéder honorablement aux deux perles précédentes. La pochette typée et des titres passant en radio feront exploser le compteur des ventes et la reconnaissance. Supertramp deviendra l’un sinon le groupe prog à résister à la vague déferlante punk et disco. Un pied de nez aux autres groupes dinos, étranglés par la durée réduite des morceaux. Après, est-ce que cet album tenait réellement la route?
«Gone Hollywood» au piano au loin qui s’élève, gonfle et laisse exploser le duo vocal; comment être difficile. Le saxophone se calme, le couplet progressiste sur le piano métronomique, hypnotique. Un roulement, un grondement de pads merveilleux annonçant le refrain hystérique, captivant, ses chœurs uniques. Riff nerveux de guitare et le final qui s’étire, ouf on n’a rien oublié. «The Logical Song» avec claviers, castagnettes et voix typée, à croire que c’était une femme. Pads stéréo, époque où c’était une valeur sûre; couplet, refrain, tout est bien organisé, l’air langoureux résonne encore dans votre tête. Clap des mains, saxophone, parfait. «Goodbye Stranger» pour la mélodie sans fin, facile, imprimant son refrain de façon métronomique. «Breakfast In America» ou comment envoûter avec un piano, une voix et ce fameux pad de Bob, j’oubliais le trombone et la clarinette ensorceleuse. La quintessence. «Oh Darling» en comptine bucolique venant en deux couches; je ne les connaissais pas avant car j’étais bercé par le refrain.
«Take The Long Way Home» piano, roulement de tambour, voix phrasée pour la mélodie, les chœurs, l’orgue fondant, recette efficace. «Lord Is It Mine» pour le début langoureux du piano solennel, ce faux départ. Du pop prog à orgue avec la montée sur le roulement de tambour. Dougie fait vibrer mes enceintes, que du bonheur. «Just Another Nervous Wreck» s’il en fallait un, titre consensuel, répétitif aux chœurs agressifs. Le piano sur Jerry Lee et la guitare flottante. «Casual Conversations» en douceur suave, bel intermède. «Child Of Vision» asseyez-vous et attendez Bob pour le démarrrage; la chanson accrocheuse avec les chœurs accompagnant l’instrument. La mélodie killers au piano à la Jerry, où la progression se mélange à la latence. Un air qui n’en finit pas, le saxophone final pour le bonheur du son estampillé.
Un album étrange bien loin de leur sonorité d’avant, très facile d’accès, très entêtant et très addict, il faut le rappeler. L’album à tubes qui passait à la radio au temps où le son était encore écoutable, où la mélodie se travaillait, où la nonchalance avait encore du charme. Un album qui marquera des générations, d’où cette chronique nostalgique. Un son de jouvence quelque part et des souvenirs qui vous sont revenus.
Brutus
https://open.spotify.com/intl-fr/album/7i75GRwJbhDDiLi2uQHTtZ
08/02/2026 : Francis Décamps - Histoires de notes
Francis Décamps
Histoires de notes
rock progressif - 54:09 - France 2025
Après nous avoir quittés avec «Histoires de mots», Francis nous concocte 9 titres de reprises sans dire un mot, mais seulement avec du son qui caresse nos oreilles, toujours par 2, pour le côté stéréo!
Avec «Histoires de notes», la magie s'installe en «Apocalypse», entends-tu la corne de brume qui tape sur les bambous? Montée suave et crescendo, les notes s'étirant toujours plus larges en volutes captivantes. Puis sur la fin, le mur de Berlin ou d'ailleurs qui s'écroule pour donner la liberté à tous ceux qui ne l'ont pas.
Puis «Apaiser les vents», magie de sons que le clavecin distille, comme à la marche pour la cérémonie des turcs de J.-B. Lully, un délice! Reverb sans parole qui nous transporte, loin!
«Les Amants», single de 2009 remastérisé, son électro-pop qui enlace, lèvres collées à la fenêtre d'une douce buée, clochettes qui annoncent la découverte d'êtres qui se cachent pour mieux s’étreindre et s'enlacer. Ballade joyeuse intemporelle.
«Biafra 80»: rappel à l’orgue! Écoutez-moi, caricatures, caisse claire de rappel... Oui, des sons criards, déchirement ou déchirure, une époque de famine, des corps décharnés, un rappel du Nigéria de l’époque, une musique qui dérange parfois, mais le cri de Edvard Munch est là, omniprésent.
«Bivouac» bon diou! Souvenir de roulotte, avant «Le baume érotique», un délire de guitare lancinante et la cavalerie du piano, mélange de gammes qui vous transportent vers l'infini, qui ouvrent un solo de sons, guitare aphrodisiaque qui rythme le tempo de cet adagio.
Vous aimerez à coup sûr cette débauche d'énergie!
Des notes, encore des notes, mais de percussions sur ce «Choc d'un prélude» avant le vrai choc, avec ce trio magique jazz-rock, fusion de batterie, Chapman stick, synthétiseur...
Senri Kawagushi et Pascal Gutman complémentaires de l’ami Francis qui comme à son habitude se lâche, penché sur ses divers arbres à musique.
Un cadeau, «The gift», 13 min de pur bonheur où vous serez transportés entre solo de batterie, Mellotron joyeux et rythmique enjouée. Air symphonique en éruption puis retour au calme, histoires de notes, dessins, carnets..
Un bon album qui s’écoute et se réécoute.
Vulcain
https://open.spotify.com/intl-fr/album/2jebHgCIOtcHKVUY691v6h
07/02/2026 : Border Hills - Border Hills
Border Hills
Border Hills
néo-progressif symphonique - 51:37 - Italie 2025
Border Hills est un groupe de rock prog venu de nulle part, sortant son 1er album, mélange d’éléments symphoniques, classiques et new prog. Une musique émotionnelle alliant le son moderne aux réminiscences sur Genesis, Pink Floyd, Yes, Dream Theater. L’inspiration de Goya sur l’imaginaire, les peurs enfantines et leur libération avec cette musique cathartique, moteur musical principal. Mais quel genre? Allons voir.
«Sabbath» en intro sombre et bouleversante aux synthés envahissants, spatiaux. «The Dream of Flying» avec la voix étonnante d’Elisa sur celle d’Anna d’Albion, haute, le solo guitare gilmourien de Simone, le synthé: tout dégage emphase et vibration. Un break narré avec du solo en veux-tu en voilà. Texte sur les peurs enfouies, frisson intense. «Whean Reason Sleeps It Generates Monsters» à l’air génésisien seconde période avec ces mélodies millimétrées. Un duo vocal en mid tempo, spleen batterie aérienne, ballade anodine sur le monde cruel actuel. Un grand moment de lyrisme musical. Beau refrain et solo guitare tournoyant, langoureux. «Into the Mist» enchaîne, vocal en pure lamentation, pad en pure élévation sur deux tons, guitare en pure méditation, synthé en pure contemplation guimauve, fondant sous la langue. L’instrumental killer génésisien moderne ne demandant qu’à se répéter à l’infini, onirique. «The Small Town» pour l’air country et sa slide guitare, le vocal aigu pour le morceau folk nostalgique où l’un des musiciens a vécu un drame. Les notes contemplatives en mode berceuse mélancolique et un final guitare époustouflant.
«The Door» remet le son prog à la barre avec ce départ champêtre cristallin, consensuel, Elisa touchante. La montée avec le clavier derrière, la guitare spleen pour le crescendo en ordre de bataille. Le solo dantesque, le clavier solo burning ropien, la vague musicale sortant avec l’écume rebondissante. «Saturn» à l’orgue solennel, titre de Johnny me revenant en tête. Titre saccadé, riff heavy, clavier opalescent. Ca lorgne vers Edenbridge, The Gathering, Lesoir, un tantinet nostalgique. Du bon metal prog sans explosion instrumentale, juste le coulis de notes avec la guitare fondante, et «The Haunted Mansion» enchaîne en interlude cinématique aux cris de bébés, vent, dérive psychédélique angoissante sur l’histoire cruelle. «Giant» arpège guitare bucolique guidant Elisa sur les terres de Iona, Magenta période folk, Mostly Autumn époque Heather, un groupe éthéré à voix féminine fondante. Un melting pot pour une mélodie triste, bercée de la voix évocatrice et magnétique. Le clavier est l’âme dudit morceau se lançant en solo mélancolique bouleversant. Comme toute fin on attend un solo guitare immense, il sera exceptionnel, invitant à la rêverie infinie. Outro tribale bluffante.
Border Hills sort un OMNI, de la mélodie, l’ambiance, une douceur dramatique, suave, envahissante. Lorsque Pink Floyd rencontre Genesis au XXIe siècle avec du Mellotron suintant. Les fans de groupes plus récents comme Anathema, Kompedium, The Reasoning ou Knight Area y retrouveront des comparaisons marquées pour l’intensité des notes et l’introspection dégagée. Un album OMNI remarquable au son récent mélangeant astucieusement des sonorités anciennes à partir d’œuvres de Goya en mode prog généralisé, alternatif, folk, atmosphérique. Un mélange savoureux entre la guitare, le clavier et les voix envoûtantes, un prog d’aujourd’hui comme on le rêve encore.
Brutus
https://melodicrevolutiondistro.bandcamp.com/album/border-hills
https://youtu.be/xxdQkiYHh48
06/02/2026 : Compassionizer - A Tribute to Depeche Mode
Compassionizer
A Tribute to Depeche Mode
rock de chambre - 40:34 - Russie 2025
Le projet est original et ce sont ses arrangements qui lui valent cette chronique – Depeche Mode ayant nativement peu d’accointances avec les musiques progressives. Un tribute au groupe britannique de synthpop, né en 1980 dans le sillage de la new wave et de la prolifération des instruments électroniques, qui capitalise sur six chansons de sa période classique (1986-1990) retravaillées dans une veine méditative et expansée et enrichies d’une large palette de timbres, acoustiques comme amplifiés: guitares, rubab (apparenté au luth, l’instrument vient d'Afghanistan), batterie et percussions – doira (un tambour sur cadre), dholak (ancêtre du nâl, c’est un instrument à percussion du nord de l'Inde), maracas – vocoder (Serghei Liubcenco), clarinettes, basse ou non (Leonid Perevalov et AndRey Stefinoff), synthétiseurs (Ivan Rozmainsky) – auxquels Sabina Vostner ajoute sa voix et le ukulele et Alexey Krupa le Theremin. Compassionizer se singularise depuis cinq ans par un mélange singulier d’avant‑garde, de musique de chambre, de rock progressif, d’ambient et de world music: «A Tribute to Depeche Mode» n’imite pas, il détricote et hybride, au travers d’un instrumentarium loin des mélodies d’origine – dont les musiciens déterrent des dimensions jusqu’alors inaudibles – en un hommage à la fois révérencieux et iconoclaste.
Auguste
https://compassionizer.bandcamp.com/album/a-tribute-to-depeche-mode
https://www.youtube.com/watch?v=fBpWm4m9Hg4
05/02/2026 : Fearful Symmetry - I’ve Started, So I’ll Finish…
Fearful Symmetry
I’ve Started, So I’ll Finish…
rock progressif - 53:16 - Angleterre 2025
Troisième album pour les Londoniens de Fearful Symmetry, créé en 2018 par les cousins Suzi James et Jeremy Shotts. La plupart des instruments sont joués par Suzi, qui a commencé la guitare de manière professionnelle dans les années 1970 dans des groupes de blues et de prog rock et qui a également fait des reprises. Suzi a ajouté la basse, les claviers, la flûte, le violon, l'oud et la mandoline à ses compétences. Fearful Symmetry souhaitait créer quelque chose de nouveau à partir de toute la musique qu'ils aimaient écouter: «un hommage affectueux au prog rock classique, mais avec des compositions contemporaines, traversant différents sous-genres et visant à restituer une ambiance et un son familiers». Ce nouvel opus «I’ve Started, So I’ll Finish...» reflète leur volonté constante de fusionner de nombreux styles et influences. La multi-instrumentiste Suzi est de nouveau accompagnée par Yael Shotts (chant) et Sharon Petrover (batterie). Yael Shotts a chanté dans un ensemble de jazz et a participé à un festival en tant que membre du chœur du groupe de metal opératique Scardust. Sharon Petrover est un batteur professionnel de studio et de scène basé à Tel Aviv. Le morceau d’ouverture, «One by One», a une touche de prog symphonique et pas mal d’incursions faisant référence aux années 70. On ressent également des influences de Yes dans le titre «Hard as Diamonds». Le titre final, «Tears of the Gods», qui dépasse les dix minutes, navigue dans un registre plutôt calme, mais le riff de guitare récurrent est vraiment parfait. Les passages instrumentaux soutenus par une basse ronde et lourde sont un régal pour les oreilles. «I’ve Started, So I’ll Finish» est un album très bien conçu qui ravira tous les fans de rock progressif classique. Si vous êtes fans de groupes comme Yes, Camel, King Crimson, foncez! Bonne écoute…
Vespasien
https://fearfulsymmetry.bandcamp.com/album/ive-started-so-ill-finish-24-bit
04/02/2016 : Leap Day - When Gravity Wins
Leap Day
When Gravity Wins
néo-progressif - 66:03 - Pays-Bas 2025
Leap Day, groupe créé en 2008, voulant partir sur du symphonique; c’est avec la venue d’Eddie, guitariste du Pink Floyd Project et des Flamborough Head, que ce jour bissextile a commencé à se faire un nom, d’où ma découverte en 2009. L’occasion de voir où ils en sont aujourd’hui avec ce nouveau chanteur pour ce 7e opus de néo-prog bien gras, flirtant avec IQ au départ.
«VOID» avec des voix au-dessus de conflits infinis, le vide d’un monde trop connecté. La musique avec le piano lorgnant versSupertramp, le vocal grave et changeant de Roelof, l’air rythmé; un relent beatlesien, ça commence bien. Le riff guitare en mode Saga sur les claviers, du prog métal contenu sur Frost* et consorts. «Viral Cage» instrumental axé sur les claviers de Gert et Derk se jouant de la guitare d’Eddie, le tout introduit par un vocal cybernétique. Une belle déclinaison soft rock jazzy, un velouté nerveux, groovy, montant avant de s’éteindre sur le piano solennel. Transition avec l’orgue, une toux et un dernier solo guitare fondant entre Camel et Marillion. Le compteur Geiger, du vent qui enchaîne sur «Winter» neigeux en histoire d’amour d’une poésie d’Elizabeth Barrett. L’ode musicale au vocal prégnant, mélodie piano entêtante s’incrustant au plus profond, dramatiquement. La trompette martiale de Derk assène un air pastoral mélancolique dans la lignée des Big Big Train à leur plus haut niveau. L’avion comme transition stéréo avec «Falling Star» wallien, texte sur la trahison et le meurtre d’un parachutiste. Rythme langoureux amplifié de la voix rocailleuse de Roelof, air spleen des Motors sur le solo guitare; break sur Collins et sa batterie synthétique puis solo clavier monolithique, solo guitare qui regonfle avant la chute. L’espace floydien prégnant, psyché-réverbérant; Eddie enflamme l’air, l’étoile montée trop haute chutant: ce solo guitare qui en ferait regretter le retour vocal.
«Wrinkles» air répétitif, mélange mélodie douce du clavier banksien sur le vocal rocailleux insistant, les guitares émulsifiant le tout. Le final alliance clavier et guitare pour le moment épique génésisien, un peu de vagues et «Pride Before The Fall» surfer dessus; l’intro majestueuse perlant ses notes claviers avant «Once Upon a Time» de Roelof sur la légende de Stavoren. L’orchestration sur Alan Parsons et la mélodie déroule jusqu’au break yessien à chœurs. Des claviers néo typés un tantinet trop gras, un air prévisible et archaïque. L’instrumental se lâche, à tiroirs, la basse veloutée de Harry raccrochant ces breaks successifs. Final avec la guitare éructée d’Eddie faisant oublier la longueur. Dernier solo piano solennel, dernier refrain de Roelof avant les vagues éternelles soutenues de cris de mouettes.
Leap Day sort la baffe du mois: du synthé, de la guitare, une voix, des breaks, des ambiances, du rock rétro-néo-progressif sans retenue. Le plus cette mélodie comme au bon vieux temps, le moins les longueurs du dernier titre, plus un empilement de séquences musicales. Un bon album qui aurait été meilleur à être plus court, perdant ici son intensité. Un opus invitant à voyager dans le chaos numérique qui tombe aussi dans la grandiloquence par instants avec de grands moments claviers et guitare, le point fort de l’album.
Brutus
https://leapday.bandcamp.com/album/when-gravity-wins
https://youtu.be/G0Z-iwrSYA
03/02/2026 : Jonas Lindberg & The Other Side - Time Frames
Jonas Lindberg & The Other Side
Time Frames
rock progressif symphonique - 69:31 - Suède 2025
Aucune parenté avec le célèbre aviateur, souvent présenté, à tort, comme le premier à avoir traversé l’océan Atlantique et qui était également d’origine suédoise.
Celui dont il est question, bassiste et producteur habitant Stockholm, est à l’origine du projet de rock progressif fondé en 2012. Ce dernier a tout écrit et gère beaucoup d'instruments et de chants lui-même, mais avec des contributions indispensables d’un groupe d’amis et musiciens de grand talent. Ils sont huit à soutenir les sept compositions proposées.
Notre multi-instrumentiste et compositeur suédois fait une musique enthousiaste et dynamique qui rappellera fortement Neal Morse (Band), Spock’s Beard et Pattern-Seeking Animals. S’il en était besoin, vous pouvez vérifier cette filiation dans le précédent album de notre artiste, «Miles From Nowhere», sorti en 2022, dans lequel il y a une belle reprise de Spock’s Beard: «The Good Don’t Last»…
Tout au long de ce nouveau disque, vous serez agréablement surpris, ici d’une incursion dans les rythmes latino–américains, là une petite ambiance folklorique ou encore de l’utilisation légère d’une pédale wah-wah mais aussi alternant avec une guitare acoustique avant d’emmener dans des soli, principalement de guitares (mais pas que) passionnés et passionnants.
Mais ce sont surtout des claviers qui trament les mélodies, même si des flûtes se font entendre à tous les coins de rue, instrument privilégié, déjà omniprésent dans son travail en 2008 sur son premier EP, «In Secret Pace», enregistré par Jonas comme un examen-projet à l'École de musique de Piteå.
Si vous pensez, comme certains, que Neal Morse tourne (un peu) en rond ces derniers temps et que vous regrettez ses productions «d’avant», courez écouter Jonas Lindberg… Vous m’en direz des nouvelles!
Publius Gallia
https://jonaslindbergtheotherside.bandcamp.com/album/time-frames
https://youtu.be/qRaPG6GHDTI?si=v0hEBYY46RAU8QJY
02/02/2026 : Lunatic Soul - The World Under Unsun
Lunatic Soul
The World Under Unsun
crossover progressif - 89:34 - Pologne 2025
Lunatic Soul, groupe dans lequel Mariusz Duda officie avec Riverside. Il explore des sonorités douces, planantes depuis 2008. Il conclut ici la saga «The Circle» sur ce 8e album se déroulant entre «Fractured» et «Walking on a Flashlight Beam», nous transportant sur la musique tribale, intimiste, entre la vie et la mort. Voyage avec utilisation d’éidolies pour des introspections atmosphériques. Un son lorgnant vers Dead Can Dance, Peter Gabriel pour ses musiques de film, Mike Oldfield, Anathema et Depeche Mode: fusion ambiante, folk, électronique.
«The World Under Unsun» monolithique, entêtant, sur l’électronique répétitif. Un morceau étalon wavien minimaliste. C’est tribal et mantranique, le générique d’un film débuté il y a 10 ans sur la mélancolie d’une éclipse de vie. «Loop of Fate» aux percussions des 1001 nuits, relent de Dead Can Dance. Un rythme redondant, agressif avec le saxo final de Marcin, un son complexe se rapprochant de son premier album. «Good Memories Don't Want to Die» harpe divine à la Vollenweider, piccolo, Mariusz narrant pour émouvoir. Le violon final sur guitares lorgne la ballade diablement sinistre des Cure. «Monsters» plus envahissant avec ce synthé bourdonnant, la basse orientalisée. Rythmique d’enfer avec le vocal mantranique et le final fougueux rempli de couleurs chatoyantes. «The Prophecy» sur un piano électrique épuré, l’air rappelant «Silent Hill» avec ce sentiment de lassitude morbide. L’apport batterie saccadée et son piano bourdonne, remplit les oreilles, Mariusz déroule sa voix sur le final prophétique. «Mind Obscured, Heart Eclipsed» à l’entame atmosphérique, sonneries de trompettes pour ce morceau envoûtant au riff aiguisé, flirtant les travaux d’Oldfield. Le saxo évanescent sur le final dark wave guimauve, riff nerveux avec un hang imaginaire aérien et contemplatif. «Torn in Two» vocal et piano pour la comptine, complainte solennelle et violoncelle final.
«Hands Made of Lead» piano, voix narrée, crescendo onirique au saxo résonnant, synthé old wave: des envolées puissantes comme celle sur Riverside. Un beau voyage animal où les voix candides s’intègrent à l’espace tonitruant. Du lourd avec ce final ambiant. «Ardour» mode folklorique tribal flirtant avec Pain Of Salvation. Complainte saccadée au synthé gras, la basse en ossature des morceaux. Un air médiéval, troubadour invitant à la danse. «Game Called Life» avec l’intro comme on la rêve, mystique et intimiste, élégiaque et envoûtante; orgue à faire frissonner les poils. Entre DCD et Vollenweider joué en lisière de bois. La variation électronique à la Depeche Mode, les chœurs en ballade métronomique. Quelques essoufflements et le synthé part sur les errements progressistes des Simple Minds, jouissif; l’outro accélère, la basse nous assourdit. «Confession» se rapproche de Riverside avec cette ballade multicouche au synthé prégnant, folk spleen. «Parallels» sur l’atmosphère lourde des Depeche Mode, réverbération de synthés, bande son hypnotique à la Serra. «Self in Distorted Glass» basse des Cure, percussions prégnantes, syncopées, Mariusz en chef d’orchestre. Montée riff heavy dark rock envoûtante, ensorcellante, cinématographique sur DCD. Un voyage ancestral dans l’ancien temps, crainte des horreurs tapies dans le noir. Mantranique et compulsif, relent du King Crimson se tassant lors du final aquatique, reposant. «The New End» final solennel, piano néo-classique rayonnant, Mariusz prenant sa plus belle voix. Beauté simple, minimaliste pour revenir doucement d’entre le monde des presque morts.
Lunatic Soul avec aux manettes Mariusz, pouvant composer sans retenue. Sa voix est le plus, l’expérimentant sur ces atmosphères lugubres, éclairées et méditatives. Sortie en automne, époque idéale d’écoute entre obscurité et spleen mélancolique, oxymorien. Des couleurs, des atmosphères, du rythme proposant cette intrigue musicale sur l'avant, l'après. Son gothique, dépressif, folklorique, ambiant, électronique, réverbérant, sidérant. Un melting-pot où Mariusz transcende sa voix, utilise le clavier et la basse comme signature, âme du groupe. Un long album répétitif, n’en écouter qu’un à la fois. Un album montrant une belle facette de la musique progressiste, originale (dixit Mariusz).
Brutus
https://insideoutmusic.bandcamp.com/album/the-world-under-unsun-24-bit-hd-audio
https://youtu.be/yo3Q763K4WY
01/02/2026 : Retour vers le passé : Supertramp - Even In The Quietest Moments…
Supertramp
Even In The Quietest Moments…
rock progressif étalon - 43:25 - Angleterre 1977
Supertramp et ce 5e opus, le meilleur? Disque d’or au temps où cela avait encore une signification, enregistrement en altitude avec la célèbre photographie enneigée, où le froid agit sur le son et deux génies du son qui composent des hits à la pelle, pour déneiger? Des titres passant sur les ondes boudés par certains progueux intégristes mais adulés par une majorité de fans de belle musique. Supertramp c’est 11 albums dont certains résonnent à tout jamais dans nos souvenirs. Révisons ensemble un tantinet.
«Give A Little Bit» ouh yeah; guitare acoustique, un air simple, le riff mesuré et le sax de John, important à l'époque. Un titre pop song passant en radio. Du prog, du prog-pop crossover pour embêter avec le final qui sied, dididing résonnant. «Lover Boy» et l’intro anglicane, simple au piano. Le chœur et la batterie symphonique de Bob qui nettoie les enceintes. Le piano lent, des nappes de claviers, Rick orchestre avec son jeu de voix. Un solo guitare qui arrache, souvent plus hard que dans nombre de groupes metal, le prog est bien à sa place avec ce titre alambiqué. «Even In The Quietest Moment» titre éponyme avec ses marqueurs: guitare acoustique venant d'ailleurs, clarinette chaleureuse gonflant l’atmosphère, Roger mettant l'entrain aidé des percussions. Montée latente avec la voix éructée, les sons vibrant derrière, ça virevolte de partout. «Downstream» en love song, le maillon faible avec piano et voix trop présents. Une suite jazzy bar en mode art pop rock classique pompeux.
«Babaji» rassure, entrée vocale évolutive au démarrage entraînant, festif et progressiste. L’orchestration typée, simple et délicieusement construite. John en rajoute un coup, les chœurs des deux convives se lançant en bataille verbale. «From Now On» piano maestro qui roule; latence, effusion et explosion pour ce titre simple diablement orchestré. Sax et son gras qui bercent d'un coup, roulement de tambour; finale en langueur avec ce chœur qui suit. «Fool's Overture» ah il restait un titre. Piano arpège classique, latent, un côté planant il ne manquerait plus que l’orchestration avec bruits de guerre et l’appel d'un ministre. La trompette avertit, Big Ben, tout se passe comme écrit. Le synthé, les cris, l'ambulance, ton ton tom, il fallait oser se lancer dans cette intro remarquable. Cinq minutes de bonheur je la remets. La montée progressive, onirique, mettant en transe. Le ton est solennel avec un potentiel hymne militaire d’une guerre cruelle. Roger sublime sa voix sur le couplet minimaliste, le refrain sophistiqué. Le sax avant le final, un peu de vent on s'habille et on s'en va. Les chœurs au loin, dreamer que j'entends, ça repart. Le titre que j'ai passé jusqu’à usure du microsillon; c'est la vraie fin.
Supertramp a signé un album progressif, pop prog peut-être, mais un très bon album qui donnera l’un des plus grands titres progressistes de fait. Supertramp c’est le génie de deux voix et d’un groupe que tout un chacun cachait l’album sous son pull au départ pour se l’écouter religieusement. Supertramp c’est super au point d’avoir eu plaisir à se replonger dedans.
Brutus
https://open.spotify.com/intl-fr/album/4X87hQ57jTYQTcYTaJWK5w
01/02/2026 : Last Plane Out - Cautionary Tales
Last Plane Out
Cautionary Tales
pop crossover - 37:27 - Suède 2025
Last Plane Out c’est Nils et Anders jouant auparavant depuis les 90 dans Karmakanic et Future Elephants?, le nom provenant d’un titre de Toy Matinee. Un son prog pop dégageant émotions et ambiances symphoniques, néo-classiques; les rythmes empruntent à Peter Gabriel, David Bowie, plus loin ELO pour l’orchestration classique et Elbow pour le vocal. Un univers féerique, mélancolique et contemplatif pour se promener avec ce 2e opus de crossover pop.
«Young at Heart» entame solennelle, pop art-rock symphonique en mid-tempo avec le clavier entêtant, gras, réverbérant, facilitant l’écoute quasi religieuse. «Break the Chain» pour son piano électrique en mode clavecin, air syncopé dansant. La voix cause d’elle même imprimant ce rythme si particulier. «Cautionary Tales» entame cinématique d’un conte elfique, effluve néo-classique, air grandiloquent et solennel. Une ballade mainstream flirtant le slow romantique. «Silver and Gold» avec le piano cristallin et la flûte folk, ambiance génésisienne avec la voix veloutée sur Collins en sérénade champêtre. Une outro médiévale amène un temps plus de gaité.
«All Fools Day (Album Version)» pour la comptine, la ballade pop avec sa sauce progressiste minimaliste sur des accords classiques surfant sur les tonalités génésisiennes seconde période. Un titre pop classique symphonique tonique.
«Step Out Tonight» avec ce synthé éclairé renvoyant de suite sur Asia, on ne se refait pas. La voix dénote, entraîne sur un rythme entêtant des 80 en faisant bouger comme un titre radio edit. «What If?» entame folk, vocal cotonneux à la Robert Wyatt, soufflant ses mots. Latence avec le chœur élégiaque, délicatesse des notes avant le final endiablé ; montée solennelle, respect. «Four Hundred Days» entame arpège bucolique se voulant festive avec l’utilisation d’instruments médiévaux, invitant à la méditation tullienne. «The Butterfly Effect» avec Klara à l’alto sax, marque de fabrique solennelle. L’alto me rappelle celui utilisé avec Saga, beauté intemporelle, ce petit effet papillon me transportant instantanément 40 ans en arrière. Climat sombre avec cette lumière blafarde dégageant plus d’ombre.
Last Plane Out est donc l’association de deux musiciens rodés aux concerts chacun de leur côté, n’hésitant pas à fusionner pour donner ce son singulier de pop. Un album conçu comme un hommage à Kevin Gilbert, le groupe empruntant son nom à l’une de ses chansons. LPO croise des sonorités sombres et éclairées à la fois, des Beatles à ELO et APP, pour les acronymes c’est bon. Une pop soyeuse, agréable avec des airs mélancoliques dégoulinant des mélodies accrocheuses auxquelles la guitare s’associe parfaitement. Excellent dans le genre.
Brutus
https://open.spotify.com/intl-fr/album/68kTxsKrDbd8Ncp4bv00gN
https://youtu.be/K1mFoWmx0ZM












