Avril 2026

02/04/2026 : Talc - III

Talc
III
post-rock instrumental - 48:46 - Suisse 2025
Talc est un trio originaire de Lausanne en Suisse et qui nous propose ici son troisième album.
Ils pratiquent un post-rock exclusivement instrumental, basé sur un trio classique guitare, basse et batterie augmenté de quelques claviers ici et là. Par leur approche, ils me ramènent à d’autres reviews que j’ai eu le plaisir de faire pour cette page, à savoir des albums de Long Distance Calling, Les Dunes ou encore des Manceaux de Could Seed.
Comme j’avais eu l’occasion de l’écrire précédemment, pratiquer une musique instrumentale est un choix audacieux. En effet, notre oreille est tellement entraînée à écouter des morceaux chantés que, à tout moment, on s’attend à entendre une voix qui donne quelque part «le coup d’envoi» du morceau. Parvenir à captiver l’auditeur de bout en bout représente donc un défi de taille.
Dans le cas de Talc, il faut reconnaître un vrai talent au groupe: les gars ont du métier, cela sonne très cohérent et le guitariste Antonin Wiser sait se faire virevoltant. Ils parviendront donc à vous emmener au cours des six morceaux de l’album dont la durée oscille entre 6 et presque 10 minutes.
Comme les groupes précités, ils n’évitent toutefois pas complètement l’impression d’une certaine uniformité entre les différents morceaux. Cela ne doit toutefois pas vous dissuader de poser une oreille attentive sur ce travail qui mérite tout notre respect.
Amelius
https://talc.bandcamp.com/album/iii

01/04/2026 : Sykofant - Leaves

Sykofant
Leaves
rock progressif - 22:51 - Norvège 2026
Sykofant est un groupe norvégien qui évoluait auparavant dans un rock flirtant avec Rush et Deep Purple, dans un style heavy prog. Avec cet EP, il s’oriente désormais vers un rock progressif plus psychédélique. «Heart of the Woods», le titre le plus intéressant des trois titres présents sur l’EP, nous entraîne sur un territoire pleinement progressif avant de nous y perdre. C’est un morceau qui va et vient entre Pink Floyd et Rush, alternant passages acoustiques et moments électriques, pour nous guider vers des notes lourdes, torturées et distordues. On y retrouve une fusion idéale entre le prog old school et le metal progressif. Une pointe de Led Zeppelin et même des accents de Scorpions viennent se mêler à la fin du titre. Un très bon EP pour Sykofant, même s’il est très court et nous laisse un peu sur notre faim. Un album est prévu cette année et il sera naturellement à suivre…
Vespasien
https://sykofantband.bandcamp.com/album/leaves-ep
https://www.youtube.com/watch?v=H33m0mGMdeQ

01/04/2026 : Ergot Project - A Family Secret

Ergot Project
A Family Secret
rock progressif / gothique - 46:53 - Italie 2025
Ergot Project a été créé en 2014 par Christian Marras, touche-à-tout, reprenant les Beatles en mode électro-heavy-prog. ll s’entoure de Pat Mastelotto sur ce 2e opus livrant un album concept sur l’histoire de Billy Milligan, homme aux multiples identités, schizophrène, d’où ces voix travaillées luttant entre peur, désir, angoisse et frustration. La pochette avec un dessin d'enfant évocateur aux multiples têtes, la musique bigarrée de rock progressif électronique, atmosphérique.
«A con Man» entame avec l’empreinte sonore, Chapman Stick et frappé syncopé des pads sur un vocal lugubre. «I hope I didn't hurt anybody» voix off sur King Diamond, les sorcières, le clavier lancinant, sur les expériences parallèles à grands coups de chœurs gospel inquiétants. Des sonorités crimsoniennes électroniques bigarrées et le vocal sur Bowie, envoûtant avec ce chœur entêtant. «Do not R.I.P.» bruit de pelle, souffle musical stéréo angoissant. Un creuset de Gabriel, Talking Heads, avec cette vibration visqueuse de la Chapman en transe, effet mantranique des Chroma Key. «A perfect gentleman» sur la même trame langoureuse, rock prog invasif à traînées métalliques. Les pads amplifient l’air dépressif, dark prog envoûté, hystérique à cris walliens. «Rage» devient alternatif, soufflant la braise mélancolique, avant-gardiste sur une voix pouvant rappeler Alice Cooper. Du dark à cris de sirènes au loin. «Again» répétitif, sombre, oppressant où le rythme s’accorde au bruit du cœur étouffant. Beau moment s’enfonçant dans le doom langoureux.
«On the spot» avec sa toux rauque, ses voix diffluentes susurrées, l’air narquois, genre déambulation dans le cortex avec la sirène de l’Interdit en fond. «The one who stands in the corner» mode western doom aérien, vocal crooner sur Nick Cave et castrat. Une douce tension oxymorienne crescendique flirtant avec le post-rock avec un final mid-tempo contemplatif. «The sweetest lullaby ever» entame cinématique, montée des escaliers, bip digne des B-52’s. Le son dégénère comme les voix s’entrechoquant, Cooper morbide. Ça crie, vocifère, montre le désarroi du crescendo malaisant. «The tenth» en final réverbérant, mi-metal indus, mi-gothique désespérant. L’ode longue suite éprouvante au son riche, progressiste et cinématique avec la rythmique d’enfer sur des sirènes hurlantes. Un vocoder wallien stressant, symbole de fin du monde, jusqu’au dernier souffle, nous accompagne.
Ergot Project propose un son labyrinthique varié, des airs angoissants, sombres en mode dark music. La patte crimsonienne s’infiltre, relent de Fripp, OSI avec un climat tendre, brut. Un album kaléidoscope, intriguant et jouissif. De la folie musicale rappelant l’univers de TDW, O.R.k., sur l’allégorie de la maladie mentale, source créative. De très bons titres pas assez exploités qu’il fallait narrer même avec retard.
Brutus
https://ergotproject.bandcamp.com/album/a-family-secret
https://www.youtube.com/playlist?list=PLxq0NvHXVd_BZD34VhAVKBlhi62Tmv11B